‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 267 sur 333 · CHARGES CONTRE CARRIER · texte numérisé non relu

CHARGES CONTRE CARRIER

tionnaire, de faire guillotiner ces brigands sans jugement : et lorsque je lui demandois s'il signeroit de pareils ordres, il me répondoit froidement : « Cela ne fait pas là moindre difC* culte. x> « Mais, lui fls-je observer, il y a des cnfans, qui, par leur âge, ne sont pas sujets à Texécution de la loi. » Carrier n'en persista pas moins à vouloir faire guillotiner tous, sans exception ^

La guillotine était un instrument familier à Carrier, comme au témoin Tronjolly et à beaucoup d'autres: mais pour vider les prisons, on voulait l'extermination en masse; et c'est Carrier qui est signalé comme l'ayant proposée au comité révolutionnaire de Nantes. Pour cela il y avait la fusillade, moyen connu et déjà pratiqué à Angers, à Laval aussi bien qu'à Lyon, et c*est à quoi on avait aussi songé d'abord; mais il y en avait un autre que Carrier avait inventé personnellement et qui marquera son nom d'une éternelle infamie: la noyade. C'est lui seul qui avait imaginé ces noyades de prêtres à déporter, c la déportation verticale ^ comme le disaient ceux qui se faisaient un jeu de ces atrocités*. C'est sur lui que les membres du comité de Nantes rejetaient aussi l'idée de la noyade du Bouflay à laquelle ils avaient pris, on l'a vu, une si grande part; et les noyades, grandes ou pe^ tîteS| qui suivirent en dérivèrent. On ne manquait pas de rappeler aussi la confirmation qu'il avait donnée à la compagnie de Marat, étrange police qui pillait ceux qu'elle arrêtait et arrêtait pour piller. Mais il y avait d'autres passions à assouvir, et le farouche représentant du peuple savait en prendre sa part. Les témoins racontaient les orgies auxquelles il se livrait : ce banquet fa^

1. Audience du 26 vendémiaire (17 octobre 1704), Bulletin, p, ^8,

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