‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 268 sur 333 · Berritt Siini-Priz, la Justice révolutionnaire, p · texte numérisé non relu

Berritt Siini-Priz, la Justice révolutionnaire, p

ZSÙ CBAP. Vf. — LES QDATR&-YINGT-QIIATQRZE IfÂNTAIS, ETC.

meux célébré sur la galiotte d'où les quatre-vingt-dix prêtres avaient passé sur la gabarre; et ces femmes qui lui étaient livrées et qu'il envoyait à la guillotine quand il n'en voulait plus\

Toutes ces charges qui montrafent en Carrier l'auteur principal detous les crimes dont les accusés présents avaient à répondre, leur offraient un moyen de défense dont ils ne pouvaient manquer de proG ter. Après la déposition de Phelippes-Tronjolly, un juré, saisi d'indignation, dit le BtUletiriy demanda à grands cris que Carrier vint éclairer le tribunal sur les délits qui lui étaient dénoncés. Mais le président répondit que cette réquisition n'était pas du ressort des jurés, qu'au tribunal seul il appartenait de juger s'il était nécessaire d'appeler Carrier; et le jury insistant, les juges se retirèrent, et après délibération le président déclara que le tribunal connaissait ses devoirs et n'avait pas besoin qu'ils lui fussent rappelés*.

Les dépositions se succédant avec le même caractère, l'accusé Goullin lut le l**" brumaire (22 octobre 1794) une requête ainsi conçue :

Citoyens juges et jurés, depuis assez longtemps les humiliations, les haines et les murmures grondent sur nostctes; depuis assez longtemps des soupçons horribles, accrédités par quelques faits, nous livrent journellement à mille morts, et Tauteur de toutes nos angoisses jouit encore de la liberté.

L'homme qui électrisa nos têtes, guida nos mouvements, despotisa nos opinions, dirigea nos démarches, contemple paisiblement nos alarmes et notre désespoir. Mon, la justice réclame celui qui, nous montrant le gouffre où nous nous jetftmes aveuglément à sa voix, est assez lâche pour nous abandonner sur le bord. Il importe à notre cause que Carrier

Page 1