‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 3 sur 333 · LE BOULANGER FRÉMONT; DROUIN; LE JEUNE VOILLEMIER · texte numérisé non relu

LE BOULANGER FRÉMONT; DROUIN; LE JEUNE VOILLEMIER

beau couper la tête, on parlait toujours; et la misère, l'oppression arrachait des cris qu'on ne savait plus contenir, dût-on y perdre la vie. Ce n'étaient passeulement les femmes, lasses de faire queue à la porte des boulangers; c^étaient les boulangers aussi : témoin Louis Frémo>t, boulanger de Sèvres, accusé d'avoir résisté aux commissaires envoyés chez lui pourveiller à la distribution du pain. Il * avait refusé d'ouvrir, disant, dans son irritation contre ces nécessités cruelles dont il était la première victime, c qu'il se f . . . de la commune et que la commune n'avait qu'à prendre tout à son compte \ »

Il existait au dossier un certificat constatant qu*il avait été traité autrefois pour aliénation mentale à l'Hôtel- Dieu et une attestation pareille du juge de paix sur son état présent*. — Malgré tout cela, sa femme écrivit en vain à Fouquier-Tinville, l'implorant pour elle et pour ses neuf enfants '•

Mais en voici un autre dont il est dit :

Noël Drouim, marchand fripier à Orléans, paroit aussi, après une dénonciation verbale faite contre lui, avoir tenu différents propos attentatoires à la souveraineté du peuple, Comme la nature de ces propos ne se trouve pas caractérisée, le débat seul peut en donner la preuve ^.

Et sur cette vague imputation il était renvoyé au tribunal, ce qui était pour la plupart, et ce qui fut pour lui, un envoi au supplice.

L'accusation avait plus de prise sur un jeune homme de 18 ans, qui avait écrit au comité révolutionnaire de Chaumont la lettre suivante :

i. Archiyes, W 410, dossier 942, 2* partie, pièce 98.

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