‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 39 sur 333 · Archives, W 421, dossier 956, pièce · texte numérisé non relu

Archives, W 421, dossier 956, pièce

%. Ibid., pièce 85.

UULOT DE Là UENARDIÈRE. 51

Fenquéte écrivît au haut du premier feuillet : de Mulot. Ce fut Tarrét de mort du malheureux. Le mémoire était évidemment d'un prêtre : toute l'argumentation le prouvait, et la déclaration en était faite dès les premières lignes:

UON APOLOGIE.

Je n*ai pas prêté le serment civique exigé par le décret du 27 novembre.

Par honneur et par religion je dois compte de ma conduite à tous mes confrères dans le sacerdoce, etc. ^

Or, Mulot n'avait jamais été prêtre. Il était marié% et sa femme, arrêtée avec lui comme suspecte, se trouvait alors détenue à Chantilly'. N'importe, la pièce sera irrévocablement de Mulot, et, pour tout accorder, Fouquier- Tinville, dans son acte d'accusation, le tiendra lui-même pour un prêtre :

Mulot de la Menardière, ex-prêtre réfractaire, étoit dans la commune de Compiègne le chef d'un rassemblement contrerévolutionnaire, d'une espèce de foyer de Vendée, composé de religieuses carmélites et d'autres ennemis de la révolution. Sa correspondance avec ces femmes soumises à ses volontés dépose des principes et des sentiments contrerévolutionnaires qui l'animoient, et on y remarque surtout cette fourberie profonde familière à ces tartufes accoutu-

1. Tout l'écrit porte le même caractère depuis le commencement jusqu'à la fin, oA en lit :

i Kotts n* aurez pluê de iraitetnent. Je compte »ur la charité des fldèlef « je leur continuerai mes travaux, mes soins, mes Teilles.

c OnnC&tera mon traitemeni..,,

i Vous ne jureres donc pas : plutAt la mort. Mourir de faim est un mal, mais il y a encore un plus grand malheur à vivre apostat ou infidèle k sa religion, s (Même dossier, pièce 83 )

S. Parmi les pièces saisies il y a une lettre adressée i lui o& on lui parle de la femme (même dossier, pièce 83).

3. A. Sord, p. 23 et suiv. — Le château était devenu une vaste prison de suspects pour le pays environnant, comme le palais du Luiemhourg à Paris*

53 CHâP. XLYI. — MESSIDOR (TROISIÈME DÉCADE),

mes à donner leurs passions pour règle de la volonté du ciel*.

Il lui rapportait cette recommandation de prier pour les autorités constituées, comme une façon de les avilir sans doute, et la pièce Mon apologie :

Un autre manuscrit, sur son refus de prêter le serment dit ironstitutiounel, établit que sa résistance à l'autorité légitime étoit méditée et réfléchie.

Il lui rapportait même la correspondance de prêtres que l'on avait au dossier. Un simple examen des pièces eut prouvé qu'elles n'étaient pas de la même main, et l'on avait un échantillon authentique de son écriture dans les vers cités plus haut que Ton ne manquait pas d'incriminer. Mais qui songeait à faire celte comparaison? Les pièces alléguées contre lui fîgurent au procès sans qu'on les lui ait représentées : car dans le récolement on n^eût pas manqué de les cerliGer par sa signature : mais c^est une peine que l'on ne prenait plus alors. Plus dMnstruction : il n*y a nulle trace d'interrogatoire au dossier ; et de débats pas davantage.

Quant aux religieuses, si on jugeait coupable d'une lettre celle qui l'avait reçue, la supérieure Mme Sidoine (sœur Marie-Thérèse de Saint-Augustin), et la cousine de Mulot, Mme Brard (sœur Ëuphrasie de l'Immaculée Conception) auraient dû seules être incriminées. Mais les auti*es ne partageaient-elles pas les mêmes sentiments? Toutes sont donc comprises dans l'accusation, même les deux sœurs tourières; toutes furent enveloppées avec Mulot dans l'arrêt de mort.

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