‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 64 sur 333 · Voyczt. n,p · texte numérisé non relu

Voyczt. n,p

4. Saîadin, Rapport fait au nom de la commission desVingt et un, w xxni, p. 173 et suivantes.

ENQUETE AUX GàRMES : BELAYOINE, ETC. 85

la liberté dont on deYoit s'occuper aux termes du décret pour les détenus; qu'alors ViroUe répondit avec humeur que Robespierre étoit un scélérat qui imaginoit toujours de nouvelles conspirations pour jeter la défaveur sur les détenus et faire croire qu'ils étoient toujours en (un) danger^ ; qu'on étoit bien loin de s'occuper d'eux; que Saint- Just et Collot d'Herbois étoient de f... gueux; qu'il avoit guéri de... un de ces coquins, qui ne l'avoit pas encore payé, mais le déclarant, autant qu'il se le rappelle, croit qu'il a nommé Saint-Just ; que la Convention nationale n'avoit cherché à se perpétuer dans les pouvoirs que le peuple lui avoit accordés que pour juger le roi ; qu'ils avoient voulu s'emparer de l'autorité et avoient continué une mission qui n'étoit pas la volonté de leurs mandataires; et autres propos contre-révolutionnaires dont le déclarant ne se rappelle pas littéralement.

Ils firent venir Gacaut, désigné par le précédent comme ayant assisté à la conversation, et il dit en effet que a Yirolle avait traité Robespierre de f... gueux ei de scélérat » ; qu'un autre jour, à propos d'un rapport fait, disait-on, sur les détenus par Couthon, il avait fait une sortie violente contre Collot-d'Herbois, Billaud-Varennes et Saint-Just, sans ménager Robespierre davantage. Le déclarant, indigné, s'était hâté de le quitter. II ajoutait que toutes les fois qu'il s'était entretenu avec lui, ViroUe s'était répandu en propos injurieux contre la Convention nationale: qu'elle avait a outre-passé ses pouvoirs» ; « qu'il arriveroit par l'ambition de la Convention ce qui est arrivé à Rome », etc.

Il avait su en outre qu'il y avait eu un projet d'évasion :

Qu'un jour la porte du premier étage, qui conduit au faîte de la maison, étoit ouverte, et qu'il s'est introduit plusieurs

1. Ou qa'iU (les membres des comités) étoient toujours en danger.

détenus qui ont monté au clocher et au dôme de l'église ; qu'on lui a dit que la corde qui servoit au poids de Thorloge, étoit celle dont on Touloitse servir pour s'évader, ne pouvaut nous dire celui qui l'a descendue ; qu'on lui dit que les auteurs principaux étoient un nommé Beauvoir, Champalin, Lesage, Aronce [Harrop] et Humbert ; qu'il a su aussi qu'un nommé Blondel avoit chez lui des cordes qui lui servoient à lier un matelas, qui lui avoient été prises dans sa chambre, sans qu^il s'en aperçut.

Ils en avaient assez appris pour faire venir Yirolle:

Lequel, interrogé de ses noms, âge, demeure et pays:

R. Se nommer Noël Yirolle, âgé de cinquante-huit ans, natif d'Angouléme, chirurgien, demeurant avant son arrestation rue de la Convention.

D. Quelle a été son opinion sur le jugement du tyran, et par suite celle qu'il a émise sur la durée des pouvoirs de la Convention nationale?

R. Qu'il croit que le tyran a été bien jugé ; que quant à la Convention, elle fait ce qu'elle doit faire.

A lui observé qu'il nous en impose ; que nous avons les preuves qu'il a dit que la Convention outre-passaitles pouvoirs qui lui avoient été donnés par ses mandataires?

R. Qu'il n'a jamais dit cela.

D. Ce qu'il pensoit du comité de salut public ?

R. Qu'il n'entroit pas dans les affaires, et qu'il croyoit qu'il faisoit bien, et qu'il faut se soumettre aux pouvoirs constitués et les laisser agir.

D. S'il connoît des membres du comité de salut public?

R. Qu'il n'en connoit aucun.

A lui observé qu'il en a cependant traité dans des maladies?

R. Qu'il avoit traité plusieurs personnes de la Convention, mais qu'il ne se ra pelle plus s'ils sont du comité de salut public.

D. Quel genre de maladie avoient les députés qu'il a traités?

R. .Qu'il ne pou voit pas dire cela.

D. Quelle opinion il avoit émi^ sur Robespierre?

Page 1