ENQUÊTE AUX CARMES : VIROLLE
R. Qu'il le croit un fort honnête citoyen ; qu'il fait bien son devoir.
D. S'il n'a pas eu connoissance qu'il fut fait un rapport à la Convention nationale par Couthon sur les détenus?
R. Qu'il avait ouï dire ici que Couthon avoit fait un rapport en faveur des détenus.
D. Quel degré de conQance il avoit eu à cette nouvelle, et s'il n'avoit pas dit que Robespierre imaginoit toujours voir des complots dans les prisons.
R. Qu'il âvoit dit effectivement que Ton ne croyoit voir dans les prisons que des conspirateurs, des gens capables de faire des complots.
S'il n'avoit pas dit qu'il avoit traité des députés qui avoient...; que c'étoient des f... gueux et qu'ils ne l'avoient pas encore payé.
R. Qu'effectivement il en avoit traité plusieurs et qu'ils ne l'ont pas encore payé.
D. Quels sont les députés qu'il a traités?
D. Quelles sont les personnes avec lesquelles il a le plus de liaisons dans la maison d'arrêt?
R. Que comme chirurgien il en avoit un très grand nombre, mais particulièrement (comme particulier) avec personne, et que s'il a quelquefois tenu des conversations sur les circonstances, c'est qu'ils se sont trouvés resserrés plus qu'ils ne Tétoient il y a un mois ; que cependant, dans ses conversations il n'avoit jamais rien dit de contraire à l'intérêt public ; qu'il n'avoit jamais eu l'intention de nuire à la chose publique et qu'il s'apercevoit bien, par les questions que nous lui faisions, qu'on avoit mal rapporte ses discours.
On tenait spécialement à savoir avec qui il conversait, pour en faire ses complices. On revient sur ce point :
D. Avec quelles personnes il s'entretenoit ordinairement? R. Qu'il s'entretenoit indifTéremment avec tous les détenus et que l'on avoit empoisonné ce qu'il avoit dit.
88 CHAP. XLVn. — CONSPIR. DES PMSONS : LES CARMES.
On le presse sur le mot qui le devait convaincre de blasphème :
D. S'il n'avoit pas dit que Robespierre étoit un f... gueux et un scélérat?
R. Qu'il n'avoit jamais dit cela, qu'il savoit bien qu'on l'avoit accusé d'être du parti de Lafayelte, mais que c'étoit à tort) puisqu'il ne l'avoit jamais fréquenté, ni personne de sa connoissance ; qu'il a eu plusieurs entretiens dans le jardin de laimaison des Carmes, mais que c'étoient des conversations particulières sur les nouvelles du jour, notamment sur la guerre, sur les mesures du gouvernement, mais qu'il n'a jamais blâmé les dites mesures, ni ceux qui les ont présentées à la Convention, et a déclaré n'en pouvoir dire davantage.
D. Pour quelle cause il étoit détenu ?
R. Qu'il étoit écroué comme suspect.
Il était dès lors plus que suspect.
On Tavait désigné comme auteur des propos ; d'autres avaient été nommés par Cacaut pour le projet d^évasion : Beauvoir, Ghampagnier, Lesage, Harrop (Anglais), Humbert. On interrogea sur ce projet ceux qui Tavaiènt dénoncé : 1* Ghavard, qui outre les précédents, nomma encore Ghassaigne, Bellepointe, Joly-Bévy, Querhoent, d'Autichamp, Michelet, Tabbé de Rruge, tous amis de Virolle; Doutremontet Devillers, évidemment complices puisqu'ils s'étaient montrés irrités de la dénonciation du projet; S*" Manuel, qui signala encore le coutelier Miellé, dessinateur de fleure de lis, et le général Beauharnais qui, après la dénonciation, avait paru lui faire plus mauvaise mine.
Pour ce complot il y avait un détenu, qui se trouvait, comme Virolle pour les propos, plus particulièrement désigné : c'était Ghampagnicr, chez qui l'on avait trouvé la corde. On le fit donc venir aussi :