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LES OFFICIERS MUNICIPAUX DES PONTS-DE-CÉ

Du Lac nomme en deux articles, au 15 brumaire, Pierre Gondier, âgé de 30 ans, courtier de change, et au 17 Pierre Houdier, agent de change, âgé de 36 ans, sous la même inculpation : « pour avoir accaparé chez lui une quantité considérable de pain à l'effet de faire naître la disette. » Le Bulletin du tribunal révolutionnaire ne mentionne que Pierre Gondier et le Moniteur Pierre Houdier, en lui donnant d'ailleurs l'adresse que Pierre Gondier a dans le Bulletin et dans le Glaire vengeur (rue Bellefond) \ Les deux ne font qu'un. C'est de Pierre Gondier seul qu'on a le dossier aux Archives1. Mais ne lui refusons pas l'apostrophe que l'autre provoque dans le Glaive vengeur, c Ces monstres assassins, dit-il, plus dangereux pour un peuple plein de courage que ceux qui se montrent ouvertement ses ennemis, et les armes à la main, ne cesseront- ils donc de souiller cette terre de liberté? Puisse celui-ci être le dernier dont ma plume ait à tracer le forfait atroce et le supplice ! » (P. 129.)

Le 17 brumaire (7 novembre), cinq officiers municipaux des Ponts-de-Cé : Louis Rideau, Jean Qcjelin, Simon Cailleau, Florent Olivier, Thomas Héry et Jean Teskier, secrétaires de la municipalité, envoyés par les commissaires de la Convention, Choudieu et Richard, pour répondre au tribunal révolutionnaire du concours qu'ils avaient prêté aux rebelles de la Vendée lors de la prise d'Angers* .

« Sans de pareils hommes, s'écrie Du Lac, sans des

1. Moniteur du 18 brumaire (8 novembre 1793); Bulletin, n" 71 et 72.

2. Archives, W 294, dossier 219. L'auteur du Glaive vengeur aura sansMoute réuni dans sa compilation l'indication de Bulletin et celle de Moniteur.

3. Archives, W 294, dossier 228, pièce 2. Cf. leurs interrogatoires, pièce» 11-16. Bulletin, n* 76, p. 302.

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forfaits sans nombre de cette espèce, depuis longtemps les enfants de la liberté auraient purgé leur sol, dans cette partie de la République, des hordes de scélérats qui le souillèrent. Il n'est pas de supplice assez rigoureux pour des trahisons aussi inâmes1. »

Le 18 brumaire (8 novembre), Simon François Lamarche (55 ans), ci-devant directeur de la fabrique des assignats, poursuivi pour prévarication dans ses fonctions, et aussi pour participation à la défense des Tuileries dans la nuit du 9 au 10 août. Les importantes fonctions qu'il avait exercées lui avaient suscité une foule d'envieux, d'ennemis. Les dénonciations se produisirent contre lui sous forme de longs mémoires ou de pétitions à la Convention, imprimés à grands frais1. Le grief de prévarication n'était qu'un prétexte. La Convention elle-même l'en avait déchargé en ordonnant sa mise en liberté, le 17 septembre 1793, après l'apurement de ses comptes*. L'autre grief, sans être plus fondé peut-être, était plus périlleux. Dans son interrogatoire, il avait soutenu que, bienque faisant monter sa garde par un autre, en raison de ses fonctions, il ne manquait pasde marcher avec son bataillon à toutes les prisesd'armes ; que dans la nuitdu 9 au 10 août il avait rejoint son détachement auprès des Feuillants, sans billet de garde, peut-être, mais sur l'avis qu'on se réunissait; qu'il l'avait quitté avant que les Suisses eussent tiré4, etc. Mais il avait fait des démarches pour se faire délivrer rétrospectivement un billet de garde, ce qui rendait sa déclaration suspecte ; il avait été entendu

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