‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 12 sur 451 · SON INTERROGATOIRE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

SON INTERROGATOIRE PRÉLIMINAIRE

du temps, regardant Pétion dans le temps comme un bon patriote et désirant pour cette raison connoitre son opinion.

D. N'a-t-il point appris par Sillery qu'il (Sillery) s'étoit attaché particulièrement à ce Louvet dont on vient de parler et qui ne le quittoit point toutes les fois que les séances des Jacobins avoient lieu, dans le temps surtout où la discussion de la guerre étoit suivie si chaudement, pour soutenir les opinions de Louvet et de Brissot.

R. Qu'il n'a jamais eu aucune connoissance des liaisons de Sillery avec Louvet.

D. Comment a-t-il pris la proposition de Carra, qui n'a pas eu honte, à une certaine séance des Jacobins, de proposer pour roy de France le duc d'Yorch ou quelqu'aulre de la maison de Brunswich?

R. Qu'il n'en a entendu parler que quelque temps après; qu'il a jugé de cette proposition comme d'une extravagance et une folie.

D. N'étoit-cc pas plutôt pour saisir l'occasion de proposer en mariage Mademoiselle d'Orléans ou au duc d'Yorch ou à un individu de la maison de Brunswich ?

R. Qu'il n'en a jamais eu l'idée et ne la regarde que comme une extravagance de la part de ceux qui l'ont imaginée et en ont parlé aux Jacobins.

D. Si depuis la trahison de Dumouriez il n'a eu aucune relation avec lui directement ou indirectement?

R. Aucune.

D. S'il a eu des correspondances avec son fils aîné depuis sa défection?

R. Qu'il n'a eu aucune correspondance avec lui, qu'il se croit obligé de convenir qu'il lui a écrit une lettre qu'il a portée lui-même au Bureau de la guerre pour la lui faire parvenir plus sûrement, espérant que le sens dans lequel il lui écrivoit pourroit le rappeler aux bons principes, parce qu'il espéroit encore alors qu'il n'avoit pas abandonné sa patrie; ne sachant pas même si cette lettre lui est parvenue,

TRIS. RÉVQL. II ï

48 CflAP. XIII. — LK DUC D'ORLÉANS.

n'en ayant reçu aucune réponse, ni aucune nouvelle de sa part depuis ce temps.

À lui demandé s'il a fait choix d'un défenseur ou conseil.

À dit qu'il se réserve la faculté d'en choisir un ou deux,

Lecture faite, etc.

Signé : L. P. Égalité, Demzot, Roter, sub. ace. publ., Filleul, commis-greffier K

Jugement.

Le duc d'Orléans fut-il, comme le dit Gamache, rappelé devant le juge le mardi? Il n'y en a pas trace dans les actes. C'esl le mardi qu'il dut recevoir assignation à comparaître, et il passa une nuit fort agitée. « Le prince, dit Gamache, me dit en se levant qu'il voulait déjeuner de bonne heure, parce qu'il devait aller au tribunal. Je lui fis frire des pommes qu'il aimait beaucoup. J'étais bien éloigné de croire que c'était le dernier repas que je lui préparais1. » A neuf heures du matin, Voidel, qui avait publié un mémoire pour sa défense lorsqu'il eut à répondre devant le juge de Marseille % eut une entrevue avec lui, et se montra plein de confiance. A dix heures on le vint prendre pour le mener au tribunal où il se rencontra avec le député Coustard, compris comme lui (et avant lui) dans le décret du 5 octobre.

J'ai signalé l'étrange abus qui avait fait ranger le duc d'Orléans sur celte liste quand le rapport dont elle était la conclusion ne l'y réclamait pas, et par quelle contra-

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