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et-Marne), accusé d'avoir fait des vœux pour le retour des ci-devant seigneurs ; d'avoir dit qu'il mettrait la Convention sens dessus dessous; et quand on lui demande s'il a tenu ces propos, il répond :
Non, jamais ; qu'au contraire, il était bien charmé que cela eût changé, car il aurait bien jeûné ; et que la Constitution lui avait fait beaucoup de bien l.
Mais le tribunal l'envoya à l'échafaud.
Le mêmejjour c'est encore unjeunecanonnierdevingtet-un ans, Claude Janson. Étant à boire avec ses camarades dans un cabaret de la barrière d'Enfer, il avait dit mille choses, et par exemple ces paroles que le juge lui résume ainsi dans son interrogatoire :
Que la Convention ctoit un tas de gueux et la reine une brave femme ; qu'il ne demandoit pas d'habit, mais que s'il avoiteu son sabre, on auroit eu beau jeu le soir [jour] de l'exécution de la veuve Capet, et qu'on auroit entendu parler de lui.
Qu'il s'étoit enivré pour cette même cause et qu'il se f.... de sa boule ; qu'il n'y avoit ni honneur, ni profit d'aller se battre pour la République ; que la pension que l'on faisoit aux militaires estropiés ne dureroit pas dix ans, et que ses parents étoient dans Lyon, directeurs du spectacle ; que la République s'étoit emparée de sa fortune, et que la patrie s'empareroit de tout et ne rendroit rien.
R. Qu'il n'a jamais eu l'intention de tenir de pareils propos et que d'ailleurs il avoit bu tout le jour et même la veille.
D. A luy représenté qu'il a été entendu par nombre de ses camarades et que l'excuse du vin ne peut être admise, attendu qu'un patriote est patriote même dans le vin, et qu'il
1. Archives, W 292, dossier 196, pièce 10 (interrog.). Cf. Bulletin, n° 55.