‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 146 sur 451 · LE CANONNIER JANSON, LE GENDARME LEROY · texte numérisé non relu

LE CANONNIER JANSON, LE GENDARME LEROY

n'y a que les aristocrates et contre-révolutionnaires qui déguisent leurs sentiments et les laissent échapper dans l'ivresse*.

C'est là une théorie sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure.

Quand la cause vint au tribunal, le président, plus frappé peut-être que le juge dans l'instruction, de ce que l'ivresse ôtait de criminalité à ces paroles, posa au jury la question intentionnelle'. Mais le jury répondit affirmativement, et le jeune cannonier fut aussi condamné à mort.

Le 11 brumaire (1er novembre), Nicolas Leroy, gendarme national, accusé d'avoir tenu des propos contre le recrutement. Selon le juge qui l'interroge, il avait dit aux jeunes gens « de se tenir tranquilles ; qu'on ne pouvait pas les contraindre ni de s'engager ni de tirer au sort » . Ce qu'il niait : il avait dit : « Restez tranquilles jusqu'à ce qu'on vous avertisse » ; et il ajoutait qu'il était ivre5.

Leroy avait cru sortir plus tôt de prison en écrivant à Fouquier-Tinville une lettre où il lui disait :

.... Je vous prie de jeter un rayon de votre humanité sur un de/jfenseurde la patrie qui vous prie d'acceZ/érer son jugement ou sa liberté1.

Condamné, il voulait se précipiter sur ses juges : on le garrotta jusqu'à l'heure du supplice, qui ne se fit pas attendre \

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