‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 173 sur 451 · BERNARD DISCOURS · texte numérisé non relu

BERNARD DISCOURS

infidèle s'est donné hier, vers neuf heures du soir, un coup de couteau, dans la chambre où il était détenu et sur son lit. Il a été dressé procès-verbal qui constate ces faits. Lecture en a été donnée publiquement à l'audience, ensemble de l'acte d'accusation, le tout en présence du citoyen Cambon et autres députés qui avaient été cités pour être entendus dans cette affaire.

c D'après le décret de la Convention qui met les suicidés décrétés d'accusation, et contre lesquels il y a acte d'accusation, au rang des condamnés par le tribunal, par jugement les biens du suicidé Clavière ont été déclarés acquis à la République.

« Pour éviter à l'avenir que ces conspirateurs ne se suicident, lorsque je leur ferai signifier l'acte d'accusation, je les ferai garder par des gendarmes, et fouiller.

« Fouquier1. »

Celait fort bien que le trésor n'y perdît rien : Cambon élait satisfait ' ; mais Fouquier songe aussi à son aide le bourreau : il a droit au sang.

ta ami de H me Du Barry. — Les cour tua nés et les femmes honnêtes. — Le colonel Ducbâtelet.

C'est le 21 frimaire que L.-M.-Bernard d'Escours (soixante-huit ans), témoin au procès de Mme Du Barry, mis en arrestation séance tenante, comparut à son tour devant le tribunal. Quelques mois plus tard on n'eût pas hésité à le faire monter sur les gradins des accusés, pour être, sans plus de forme, condamné avec eux. Mais, du

1. Séance du 19 frimaire. Moniteur du 21 (11 décembre 1793)» % Il le proute. (Ibid.)

resle, on n'était pas fâché de l'interroger plus à l'aise sur la mission dont il avait été chargé par cette femme : il y avait peut-être quelque nouveau renseignement à recueillir sur une fortune dont la République venait d'hériter. On n'en tira rien que la protestation qu'il s'était toujours montré défenseur des droits du peuple, qu'en toute occasion il avait servi les patriotes :

D. Pourquoi il s'est permis de hanter une femme qui, sur les rapports, soit politiques, soit moraux, était couverte d'autant d'infamies que la Du Barry.

R. Qu'en la voyant, il ne s'est pas aperçu qu'elle tramait contre les intérêts du peuple ; que si sa conduite lui eût été connue, il se serait gardé de la voir1.

Il fut condamné à mort.

Le 22 (12 décembre), cinq jours après Mme Du Barry, deux filles publiques, Claire Sevin, veuve Loriot, et Catherine Halbourg, occupaient sa place devant le tribunal. Exaspérées d'être conduites à la Salpêtrière, elles avaient crié : Vive le roi, vive la reine, vive Louis XVII, arrachant leurs cocardes et proteslantque ce qu'elles disaient elles le pensaient. Quand elles comparurent devant le juge, leur colère avait eu le temps de se calmer et leurs sens de se rafraîchir. La veuve Loriot avoua que « la police ayant fait faircdcsvisitcsdomiciliaires pour arrêter toutes lesfemmesdu monde (c'est ainsi qu'elle qualifie son état), quand on l'avait voulu conduire à la Salpêtrière, la colère s'était saisie d'elle et qu'elle avait crié : Vive le roi, vive lareine. » Mais elle déclarait qu'elle avait bu beaucoup d'eau-de-vie*. Catherine Halbourg faisait le même

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