‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 181 sur 451 · LES DEUX PRÊTRES LECOMTE ET PEYRE · texte numérisé non relu

LES DEUX PRÊTRES LECOMTE ET PEYRE

comme un aristocrate tombé dans la commune de Noisy en qualité de vicaire, il y avait environ trois ans, et qui, faisant le patriote, avait supplanté son curé l :

Depuis qu'il est curé, disait plus tard l'accusateur public, résumant cette dénonciation, il a été impossible de l'empêcher de faire donner l'encens à lui et à ses chantres, quoique cela soit toujours défendu par la loi; il a toujours recommandé au prône le pape. Cependant, ayant été menacé d'être dénoncé s'il continuoit, il y a substitué une recommandation générale à l'ouverture de son prône en disant : Nous prierons pour tous ceux pour lesquels nous avons coutume de prier. — Il a encore fait au 15 août dernier la procession en mémoire d'un prétendu vœu d'un des anciens tyrans de la France ; il n'a point annoncé à son prône la fêle nationale du 10 août dernier : au contraire, il a annoncé qu'il n'y avoit pas de fête cette semaine ; que des personnes disoient que c'étoit fête le samedi 10 août; mais qu'il nefalloit pas se tromper; que ce jour n'étoit qu'un jour comme un autre, et qu'il ne falloil pas tant se réjouir ; que cependant, si on l'exigeoit, il diroit une messe*; etc.

On l'arrêta et on procéda à la visite de ses papiers et effets, dans lesquels, dit le procès- verbal, « il s'est trouvé des prosnes et des sermons qui ne respirent que le fanatisme, des ornements d'église ornés de fleurs de lis, que nous avons extraits pour être transportés à Paris5. *

Les ornements d'église ont disparu, mais les sermons excitaient moins de convoitise : félicitons-nous-en. Ces sermons, qui remplissent le dossier conservé aux Archives, sont vraiment remarquables par l'onction et la simplicité : fanatisme, disait-on; et dans le nombre il y a

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