‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 183 sur 451 · LES PRÊTRES J.-M. LECOMTE ET J.-B. PEYRE · texte numérisé non relu

LES PRÊTRES J.-M. LECOMTE ET J.-B. PEYRE

est chère et avantageuse, autant la licence nous seroit pernicieuse : celte licence qui ne respecte ni le sacré ni le profane. Aucune société ne peut exister sans les loys qui règlent et qui fixent nos devoirs en même temps qu'elles conservent et protègent nos droits. Vous aviez des loys, messieurs ; mais elles ne répondoient pas à tous les points de votre félicité.

Il y oppose les lois nouvelles, qui leur enseignent leurs droits, mais aussi leurs devoirs :

Et en vous disant à tous que vous naissez libres et égaux en droits, elles vous disent, cesloys,que cette égalité n'existe que pour les droits inviolables de la sûreté et de la propriété individuelle.... Il y aura toujours des hommes qui commanderont, des hommes qui obéiront.

Les gardes nationales sont la seconde force après la loy contre les perturbateurs de Tordre.

Puis, marqué au crayon rouge par l'accusateur public :

Notre monarque, notre grand roy vient donc de se saisir, au nom de tous les François, de la loy que vient de s'imposer toute la France. Il va la faire exécuter avec une puissance souveraine à laquelle non seulement rien ne résiste, mais même rien ne peut résister. Je croirois, Messieurs, faire injure à vos cœurs en sollicitant aujourd'hui votre dévouement, votre respect, votre soumission, votre tendresse, pour le plus bienfaisant de tous les souverains qui vient de vous donner une preuve éclatante de son amour en sacrifiant tout pour votre bonheur. Vous êtes François, l'amour [des François] pour le roi est un sentiment connu de tout l'univers. Vous êtes François, donc vous aimez votre roy. Aussi le roy des roys vous bénira pour jamais1.

On lui avait fait subir un premier interrogatoire au moment où on l'arrêta, et il en résulta certaines décla-

I. W302, doss. 538, pièce 15. Voyez de» passages analogues, pièce 10. TBIB. HÉ VOL. Il 11

258 CHAP. XIX. - LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE, rations dont il ne soupçonnait pas la gravité. C'était chez lui que se réunissait le conseil de la commune; chez lui que se tenait le comité de surveillance :

D. Pourquoi, dans le lieu de vos séances, on n'y voit aucun attribut de la Révolution, et qu'il y a un grand Christ avec des armoiries et fleurs de lis au bas et les armes de l'Empire?

R. C'est un Christ qui a été placé là dès l'instant que la Chambre a été accordée.

D. De quel ordre a-t-il été placé, et par qui?

R. Par moi l.

Il n'y avait vu que le Christ, qu'il trouvait à sa place dans un comité révolutionnaire présidé par un curé. Mais un Christ, même sans les emblèmes de l'ancien régime, était devenu un objet séditieux.

Indépendamment de la dénonciation, il y avait eu des déclarations de témoins. Un certain Dobzat prétendait Tavoir « entendu s'apitoyer sur la mort du tyran, et dire que le clergé et la noblesse seraient rétablis dans leurs privilèges; » mais d'autres témoins avaient entendu la conversation de Dobzat avec son curé, et ils laissaient voir comment Dobzat avait pu être amené à défigurer ses paroles.

Déposition deDuchàteau, maître d'école :

« Dobzat, sur ce que Peyre lui a dit qu'il devroit être à deffendre sa patrie, robuste et fort comme il est, répliqua que s'il partoit, et qu'il y eût des prêtres et des ci-devant nobles avec lui, il commenceroit par tirer sur eux comme sur des chiens ; à quoi Peyre lui répliqua : « On pourrait user de représailles envers vous*. »

Cagnart, aubergiste :

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