CONCLUSION DU DÉBAT
Mais Robespierre n'était pas au Comité quand on y avait arrêté cette rédaction. Il trouva qu'elle répondait moins bien au but qu'il s'était proposé, ou plutôt il avait toit ses réflexions (car la différence entre le projet dedécrel et la proposition primitive n'est que de détail), et il ne lui paraissait pas égal que, pour un patriote emprisonné à tort, maint aristocrate eût chance de sortir de prison :
Prenez garde de tomber dans de plus grands inconvénients que ceux que vous voulez éviter ; prenez garde qu'à la faveur du décret qu'on vous propose, la liberté ne soit accordée à quelques aristocrates ; qu'il ne nous conduise à l'indulgence à l'égard de l'aristocratie, qui certes ne mérite pas qu'on crée un comité pour s'occuper d'elle ; elle ne doit attendre la liberté que lorsque la Révolution aura été cimentée par une paix générale. Je demande que Ton s'en tienne au premier décret.
À la suite du court débat qui s'engagea, on se résolut à un ajournement qui évidemment était souhaité par Robespierre. La Convention rapporta son premier décret et passa à l'ordre du jour sur le second. Elle ordonna l'impression et l'envoi du rapport deBarère aux comités révolutionnaires. On était sûr qu'il n'en reviendrait pas1.
Les choses restèrent donc en l'état. Quelques patriotes attendirent : mais les aristocrates n'eurent rien à attendre — que les mesures promises pour fortifier l'action du tribunal et le tour de rôle ou de faveur, qui les devait amener devant lui.