‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 203 sur 451 · Je«ouligne ce qui dans l'original est souligné · texte numérisé non relu

Je«ouligne ce qui dans l'original est souligné

Connois-tu la loi qui oblige les prêtres, même ceux qui riétoient pas reconnus pour fonctionnaires du culte, à prêter le serment de maintenir la liberté et l'égalité? — Oui j'ai connu celte loi, mais je ri ai pas voulu prêter ce serment, parce que je le crois contraire à la religion.

Mais pourquoi ne quittois-tu pas la France dès que lu ne voulois pas obéir à ses lois? — Je l'aurois bien quittée si j'avois pu obtenir un passeport; mais on me l'auroit refusé.

Tu me dis que Ton l'auroit refusé un passeport : t'es-tu présenté à la municipalité pour en obtenir? Elle en accordait à tous les prêtres qui, pour éviter la déportation, demandoient à s'expatrier? — Je n'ai pas eu connoissance de cela.

Pourquoi t'es-tu travesti en femme ? — Cétoit pour rendre service à quelqu'un.

Quel est ce service et à quelle personne voulois-tu le rendre ? — Je ne dirai pas cela.

A qui appartiennent les habillements de femme que tu portes ? — Ils sont à moi.

Ainsi, pour rendre service à quelqu'un, tu avois exprès acheté des habillements de femme? — Je les avois achetés pour rendre service lorsque j'en trouverais V occasion.

J'ai souvent entendu dire aux prêtres de ta religion qu'ils condamnoient les traves/iments, et cependant tu parois te faire un mérite de t'être déguisé en femme. — ilfa religionne deffend pas le travestiment lorsqu'il a pour but des choses honnêtes.

Reconnois-tu divers écrits que j'ai cotés au nombre de cinq et que je te représente? — Oui, je les recannois.

Sont-ils de ton écriture ? — Je rien dirai rien.

Divers écrits, joints à ces premiers, sont-ils de ton écriture ou de celle de quelqu'un que lu connois ? — Je ne veux pas m7 expliquer là-dessus 4.

1. Auparavant : « Je n'en sais rien. » Ces mots sont raturés. C'est le greffier qui, sans doute, avait ainsi traduit d'abord ces paroles ; l'accusé les fit rectifier à la lecture.

Ces papiers que lu reconnois et que je crois de ton écriture, ont été faits et trouvés chez la demoiselle Menou. Tu us donc été chez la demoiselle Menou ? — Les papiers ont été trouvés chez Mlle Menou, cela peut être. Je n'ai répondu à la question de savoir si j'ai été chez Mlle Menou.

Connois-tu la loi qui condamne à la peine de mort tout prêtre réfraclaire au serment-, lorsque* n'ayant pas été déporté, ou après la déportation, il sera trouvé dans la République? — Je n'étois pas dans un lieu où je pusse connoître cette loiy j'ai ignoré sa proclamation.

Où as-tu demeuré avant de te fixer à Orléans? — Dans divers lieux qu'il est inutile de désigner.

As-tu exercé les fonctions du culte que tu professes avec les pouvoirs de l'évêque d'Orléans? — Je les ai exercés avec les pouvoirs d'un grand vicaire légitime.

Ce grand vicaire t'a-t-il donné des pouvoirs depuis la loi constitutive du clergé? — Je ne répondrai pas làdessus.

Pourquoi as-tu désobéi à la loi qui défendoit d'exercer les fonctions du culte, telles que de confesser, sans avoir prêté serment? — Les lois doivent être subordonnées à la religion, et la religion catholique ayant Dieu même pour auteur, ce n'est point à elle à ployer sous les lois, mais bien aux lois à ployer sous elle.

Mais il n'est pas question de faire ployer la religion sous les lois, mais de l'obéissance que tu dois aux lois. — Je ne veux point me soumettre aux lois dans les points qu'elles contrarient la religion catholique.

N'as-tu pas été trouvé nanti de petites boites contenant des pains enchantés? — Oui f en avois.

N'avois-tu pas aussi un petit médaillon en soie, portant un c[h]rist qui étoit semblable au signe de ralliement des rebelles de la Vendée? — J'avois ce médaillon, mais il ne me vient pas des prêtres de la Vendée, et je n'ai jamais eu aucnn rapport avec eux, et ce médaillon n'étoit point du tout un signe de ralliement.

Lecture faite au détenu de son interrogatoire, a déclaré que ses réponses contiennent la vérité et a refusé de signer.

Signé : Fouqueau-Pussy*.

Marie-Anne Poullin se tient dans une réserve plus grande.

Connois-tu le prêtre d'Hervillier? — Oui.

Depuis quand? — Je n'en sais rien.

L'avez- vous logé chez vous? — Oui.

Combien de temps? — Je ne m'en souviens pas.

Vous saviez sans doute que ce prêtre n'avoit pas prêté le seraient de la liberté et de l'égalité? — Je ne lui ai pas fait la question, cela ne me regarde pas.

Vous savez sans doute que ce prêtre étoit déguisé en femme? — Il n'est venu chez moi qu'en habit séculier, et dehors j'ignore quel costume il avoit.

Connoissez-vous la loi qui défend de recevoir chez soi les prêtres réfractaires? — Je ne la connois pas. Je n'examine pas les lois. J'ai reçu ce prêtre par humanité.

Savez-vous si ce prêtre fréquentoit la maison de la demoiselle Menou? — Je ne lui ai fait aucune question.

Lecture faite, etc. *

Les autres religieuses rendirent un compte bien simple de leur séjour chez leur sœur en religion, la demoiselle Poullin. Marguerite Queré, l'une d'elles, par exemple, répond :

Que trois de ses compagnes ayant été loger chez cette citoyenne (Poullin), elle y est allée aussi, tant pour y avoir une société de connoissance que pour s'entr'aider à vivre économiquement les unes avec les autres3.

Quant à Dervillé, interrogées si elles ont connu sa

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