W.V [pièce
Dietricb.
Le 8 (28 décembre) on abordait les noms inscrits spécialement dans le décret du 5.
On commençait par Dietrïcii, l'ancien maire de Strasbourg, l'hôte de Rouget de Lisle, qui composa chez lui la Marseillaise. Partisan de la Constitution de 1791, il avait fait signer aux principaux habitants de Strasbourg une adresse qui demandait la punition de ceux qui l'avaient violée le 20 juin 1792 et renversée le 10 août. Attaqué par Lavau dans la séance du 14, il avait été sur la proposition de Ruhl, député du Bas- Rhin, mandé à la barre de l'Assemblée législative par décret du 18*. Il avait déclaré qu'il s'y rendrait, protestant de sa soumission aux ordres de l'Assemblée (c'est ce qui résulte d'une lettre des trois représentants Carnot, Prieur et Ritter, lue dans la séance du 24) \ Mais apprenant qu'on le voulait déjà traiter en criminel, et qu'on devait le conduire à Paris comme un malfaiteur, de brigade en brigade, il s'était retiré à Bâle, d'où il écrivit à l'Assemblée qu'il reviendrait dans sa patrie quand la liberté et les vrais principes de l'égalité et de l'ordre social y seraient proclamés. On sortait des journées de septembre3 : il eût fallu bien attendre, et cet asile cherché au dehors pouvait le faire traiter comme émigré.
Il revint donc et se constitua prisonnier. Lorsque la