Afomtetirdu 29 janvier
3. Moniteur du 8 septembre 1 793; Archives AF u, 46, 2* registre, p. 288.
mort des Girondins, on s'étonnait qu'il pût encore vivre, lui qui avait protesté même contre le 10 août. Le 9 frimaire, un membre se fit l'interprète de ce sentiment dans la Société des Jacobins, el ce fut pour Robespierre une occasion de faire une charge à fond contre Dietrich, contre les amis qui lui avaient procuré la liberté à Besançon. Maintenant qu'il était en prison à l'Abbaye, on demandait qu'il fût envoyé à Strasbourg, pour y subir sa peine « en présence du peuple, témoin de ses crimes ! » . Mais Robespierre trouvait plus sûr de le faire condamner à Paris : c'est pourquoi le 5 nivôse, on l'a vu, il l'avait fait renvoyer devant le tribunal révolutionnaire.
Dès le 6 (26 décembre 1 793), le juge Denizot entendit plusieurs témoins : Taillevis, dit Périgny, capitaine de vaisseau, ancien adjoint au ministre de la marine, et alors détenu à l'Abbaye, qui l'accusa d'avoir persécuté les patriotes et appelé les Jacobins des factieux; Cb. Tbibaud Levaux, homme de lettres, autre écho des plaintes des Jacobins; et surtout le fameux général Ch. Hesse, suspendu alors de ses fonctions et détenu à l'Abbaye, un prince d'Allemagne1, passé révolutionnaire, mais suspect; Euloge Schneider (que nous retrouverons plus tard), ancien prôtre allemand, puis accusateur public près le tribunal criminel de Strasbourg, aussi à l'Abbaye : la conduite de Dietrich à l'égard de la Société populaire, le bannissement de Périgny (on s'explique ainsi l'animosité de ce témoin), les protestations contre le 20 juin, contre le 10 août, tels sont les principaux points sur lesquels portait la déposition de Schneider. Dietrich,