Ibid., pièce
2. Voyez sa lettre pleine de simplicité et de noblesse. Mém. sur les prisons, t. I, p. 125.
3. Le Glaive vengeur, p. 465. —4. Muséedcs Archives, vitrine 218, n° 1396.
Le 9 nivôse (29 décembre 1 793) avait commencé le procès de Biron, le brillant duc de Lauzun, compagnon de Lafayetle dans la guerre de l'indépendance de l'Amérique. Député de la noblesse du Qucrcy aux États généraux, il n'avait pas laissé que d'être chargé de plusieurs commandements importants : d'abord lieutenant général à l'armée du Nord, delà commandant en chef de l'armée du Rhin (8 juillet 1792), puis de l'armée de Nice après Anselme (20 décembre) ; enfin, pour qu'on ne pût dire qu'aucun champ de bataille lui eut été inconnu, il avait été transporté dans l'Ouest et chargé du commandement de l'armée des Côtes de la Rochelle, mai i 793 ' ; mais son humeur restée tout aristocratique, s'accommodait mal des officiers jacobins qu'on envoyait là pour servir sous ses ordres. 11 s'obstina si bien, malgré des succès (la reprise de Saumur, la défaite des Vendéens sous Parthenay) à donner sa démission, qu'il en devint suspect. Carrier se chargea de le faire révoquer en l'accusant d'incivisme, de modération envers les Vendéens, de rigueur à l'égard de Rossignol, orfèvre de son état, mais surtout jacobin, et à ce litre, alors lieutenant-colonel, qu'il avait fait arrêter1. Et Bouchotte ne demandait pas mieux : car Biron ne lui montrait guère plus d'estime
i> Voy. son interrogatoire (7 nivôse). Archives W 505, dossier 570, 1" partie, pièce 8. Le comité de salut public lui avait attribué ce dernier commandement le 8 avril. (Archives AF u, 45.)
2. Biron n*était pis le seul k juger et à traiter ainsi Rossignol : témoin cette lettre de Westermann (Saint-Maixent, 29 juin 1705 au chef d'état-major, à Tours):
c Je vous envoie le bataillon de gendarmerie qui vous étoit destiné, en vous pré*
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que ne faisait Gustine et ne traitait pas mieux ses agents1. Destitué le 11 juillet, avant d'avoir pu s'expliquer, il fut remplacé par Rossignol et envoyé à l'Abbaye. Un volumineux dossier fut formé contre lui : c'étaient surtout des pièces relatives aux opérations de l'armée de la Rochelle que l'acteur Grammont, « chef de l'étatmajor général de l'armée révolutionnaire » prit à lâche de réunir et qu'il adressa à Fouquier-Tinville avec ses commentaires (11 frimaire, 1er décembre 1793). Il y relevait les projets liberticides de Biron, sa coupable indifférence (il aurait pu dire plus) envers Rossignol dont les crimes étaient, à ses yeux, d'être vainqueur de la Bastille, d'être Parisien, d'avoir dit qu'un bon républicain ne devait pas obéir à un ci-devant (le chef d'étatmajor général partageait ces principes); enûn, lu lenteur du général en chef à organiser l'armée, et ses soins à la diviser par petils corps pour en assurer la perte*. A la suite du décret rendu sur la proposition de Robespierre, le juge Deliège fut chargé d'entendre quelques témoins : Momoro, La Ghevardière, président du déparlement de Paris, Choudicu, représentant du peuple ' : la déposition
▼enaiit que j'ai fait arrêter ici le citoyen Rossignol, que je fais conduire à Niort pour le procès lui être fait pour avoir cherché à soulever ma légion contre moi, et pour avoir prêché hautement l'insubordination. Ce citoyen en a fait autant contre le général Biron ; il a dit hautement que tout bon républicain ne doit pas lai obéir parce qu'il est un ci-devant.» (W305, dossier 370, lr* partie, pièce 13.) — Westermann en rendra compte à son tour.
i . Voyez entre autres une lettre du 24 juin 1793 citée par M. Camille Roua* set, Les Volontaires, p. 287.
2. W 305, dossier 370 (dossier de Biron), 1" partie, pièce 3, Cf. pièce 2. Les pièces relatives à l'armée des Côtes de la Rochelle occupent presque entièrement la première et la deuxième paitie du dossier. On trouve aussi dans cette seconde partie un compte rendu au comité de salut public et au conseil exécutif provisoire, où Biron expose très longuement lui-même ses opérations dans celte campagne. La troisième partie comprend sa correspondance officielle avec le ministre de la guerre.