BIRON
et de réponses qu'il serait même trop long de résumer1.
Biron comparut devant ses juges les 9 et 10 nivôse (ce tribunal, on le voit, ne chômait pas toujours les décadis) \ Dix témoins à charge et quatre à décharge furent entendus, et parmi les premiers, Ghoudieu, Philippe-Antoine Merlin, Richard, Gillet, députés; Momoro, imprimeur et administrateur de Paris, Grammont, chef de Tétat-major général de l'armée révolutionnaire5*
La réponse du jury fut affirmative sur toules les questions. Antonelle, en faisant sa déclaration comme juré, eut là une belle occasion de montrer, en présence de la régénération de la France (tirade d'une page) toutes les forces hostiles se donnant rendez- vous dans la Vendée, et Biron ne demandant à les y combattre que pour travailler à leur triomphe*. Condamné, le noble général conserva tout son sang-froid : « C'est fini, messieurs, dit-il aux prisonniers, je pars pour le grand voyage; » et quand le bourreau se présenta, il lui offrit un verre de vin, disant : « Prenez, vous devez avoir besoin de courage au métier que vous faites 5. »
Il fut exécuté le lendemain (31 décembre 1793)*.
1. Archives, ilrid., pièce 8. En ce qui louche le grief principal, il dit a qu'il n'a
jamais favorisé de fait ni d'intention la persécution des patriotes ; qu'il s'est vu
■ne fois en droit de punir le citoyen Rossignol qu il ne connoif soit pas ; qu'il ne
Fa pas puni, parce qu'on lui a dit que c'étoit un chaud patriote et que ce n'est
, pas par ses ordres qu'il a été incarcéré. »
S. L'audience, commencée le 9 nivôse à neuf heures, fut suspendue après le cinquième témoin et reprise à cinq heures, puis renvoyée au lendemain 10.