W 306, dossier 376, pièce
ROSALIE DALBERT. 515
factionnaires et citoyens qui y étoient qu'elle vouloit être guillotinée; que ces citoyens, après lui avoir dit des choses humaines et consolantes, la conduisirent au corps de garde de la section qui se tient près chez Beaudoin, imprimeur de rassemblée.
Le juge insistant sur l'objet de son voyage en France, elle dit :
Que chargée par sa maîtresse d'accompagner ledit Bruxellot, elle s'y étoit rendue pour prendre des informations sur ce qui se passeroit et lui en faire le rapport.
D. Si elle n'a pas, chez sa maîtresse, entendu parler de la Révolution française, et dans quel sens on en parloit?
R. Que oui, et qu'elle leur a entendu dire que les François se défendoient assez bien.
Le juge l'interrogea encore sur ses voyages à Londres, à Vienne, et puis lui demanda :
Pourquoi elle n'a pas répondu au Comité?
R. Qu'alors navrée de chagrin, elle n'avoit passa tête à elle.
D. Si après la Révolution elle est venue en France, et avec qui?
Elle réponditqu'elle y était venue au commencement de la Révolution de Brabanl, et qu'elle y avait passé deux mois à Guines, près Calais1.
On ne pouvait lui imputer le crime d'émigration ; mais elle en avait dit assez pour qu'on l'accusât d'espionnage. On aurait mieux aimé tenir le marquis de Bruxellot. À défaut, on envoya la malheureuse jeune fille à la mort.