‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 23 sur 451 · Billet de Barbaroux à Lauze-Duperret · texte numérisé non relu

Billet de Barbaroux à Lauze-Duperret

Caen, 25 février 1793.

c Ici tout va bien, infiniment bien. Le département de l'Orne a adopté les mesures prises par celui du Calvados. Celui de la Manche est assemblé et l'on s'attend au même succès. Les troupes défilent vers Ëvreux. Que nos collègues aident par leur conduite et des déclarations authentiques ce salutaire mouvement, et l'anarchie sera encore vaincue, et la liberté triomphera 1 1 (Archives, W 204, dossier 227, pièce 15.)

Citons encore ce billet trouvé dans les papiers de Lauze-Duperret :

« (le nom est déchiré] est venu pour avoir le plaisir de vous voir et de

vous dire que les Marseillais se sont joints à 2,000 hommes de Mîmes pour se servir de pièces de siège, s'il le faut, contre Paris. On ferme les clubs partout le long de la route. On ne reconnoît plus, par la lettre d'Aiz du 24 juin, dans le département des Bouches-du-Rhône, aucun décret de la Convention, tant qu'elle ne sera pas entière.

« Des députés qui alloient en Corse sont prisonniers au fort Saint-Jean, etc., etc. » {(tic). /6m/., pièce 21.

dans ses Mémoires son interrogatoire sous la forme officielle :

Demande. Quels étoient avec lui nos amis communs.

R. Particulièrement Barbaroux.

D. Si je n'avois pas connoissance que Roland, avant son ministère, eût été du comité de correspondance des Jacobins.

R. Oui.

D. Si ce n'étoit pas moi qui me chargeois de la rédaction des lettres qu'il avoit à faire pour le comité?

R. Que je n'avois jamais prêté mes pensées à mon mari, mais qu'il pouvoit avoir quelquefois employé ma main.

D. Si je ne connoissois pas le bureau de formation d'esprit public, établi par Roland pour corrompre les départements, appeler une force départementale, déchirer la République suivant les projets d'une faction liberticide, etc., et si ce n'étoit pas moi qui dirigeois ce bureau?

R. Que Roland n'avoit point établi de bureau sous cette dénomination et que je n'en dirigeois aucun; qu'après le décret de la fin d'août, qui lui ordonnoit de répandre des écrits utiles, il avoit affecté à quelques commis le soin de les expédier, qu'il mettoit du zèle à l'exécution d'une loi dont l'observation devoit répandre la connoissance et l'amour de la Révolution; qu'il appeloitcelâ la correspondance patriotique, que ses propres écrits, loin d'exciter à la division, respiroient tous le désir de concourir au maintien de l'ordre et de la paix.

Observé que je déguiserois en vain la vérité, comme il paroissoit évidemment, par toutes mes réponses, que je voulois faire; que sur la porte de ce bureau même, il y avoit une ridicule dénomination, et que je n'étois pas assez étrangère aux opérations de mon mari pour l'avoir ignorée ; qu'inutilement je voudrois justifier Roland, et qu'une fatale expérience n'avoit que trop appris le mal qu'avoit fait ce perfide ministre, en répandant des calomnies contre les plus fidèles mandataires du peuple, et soulevant les départements contre Paris.

Page 1