Des EnarU, t. VII, p. ICO
TRIS. RÉVOL. Il tl
intérieurs et extérieurs de l'État, tendant à favorissr par tous les moyens possibles leur entrée et les progrès de leurs armes sur le territoire français, et des conspirations contre la liberté, la sûreté et la souveraineté du peuple, l'unité et l'indivisibilité de la République.
Amand-Louis-Philippe-François Custine, né et domicilié à Paris, cy-devant ministre plénipotentiaire du tyrand à Berlin, adjudant général à l'armée du Rhin, est-il l'un des auteurs ou complices de ces manœuvres, intelligences et conspirations?
Signé: Dumas (qui a écrit toute la pièce de sa main)1.
Le président affirmait Tune des deux questions; le jury affirma l'autre.
Afin d'étouffer les sentiments de sympathie que le public avait plusieurs fois manifestés dans ce débat pour le jeune accusé, des émissaires allaient disant que si on l'acquittait il vengerait le sang de son père. Mais ces insinuations furent sans effet. La sentence de mort, dit Des Essarls, fut prononcée au milieu des plaintes de tout l'auditoire. On entendait de bonnes gens s'écrier en s'en allant: c Pauvre jeune homme! je croyais qu'il serait acquitté! »
c Custine, continue le même récit, entendit son arrêt avec fermeté, haussa les épaules sans dire un mot, et sortit du tribunal comme il y était entré, avec le calme et la sérénité sur son front1. »
On l'arrachait pourtant à un brillant avenir de soldat, à une jeune femme adorée. C'est elle qui remplit son dernier jour, comme on le voit par celte lettre en deux parties ; il la date par les heures :
A 9 heures du matin.
Je ne puis mieux commencer ma dernière journée qu'en