lhid., pièce
LES BOLLOGNE. 333
citoyen Michonis (administrateur de police), il se plaignait de ne pas être interrogé après vingt jours de détention :
J'espère, disait-il, que je trouverai à la Montagne encore plus d'un membre bienfaisant et équitable qui s'intéressera à mes malheurs et vengera l'injustice criante de mes ennemis1.
Dans une autre lettre du 10 septembre il se plaignait plus vivement encore d'une détention qui datait de qualre mois1. Ces plaintes tournaient rarement à l'avantage de ceux qui réclamaient des juges. On ne songea à les juger qu'en nivôse, et le 11 les trois accusés furent au préalable interrogés par Hagmey.
Le marquis, un vieillard de soixante-dix-huit ans, dit que les deux autres n'étaient pas ses parents (la parenté au moins était fort éloignée) ; il reconnut ses lettres, et rapporta la vivacité de son langage au ressentiment des pertes que la Révolution lui avait faitéprouver. Il déchargeait d'ailleurs les autres, en disant que leurs réponses (que l'on n'avait pas) n'exprimaient aucune réflexion politique; qu'il ne faisait pas, comme on l'avait dit, des pensions à l'abbé; qu'il se bornait à lui donner chaque année des secours montant à trois ou qualre cents livres, et que depuis la Révolution il ne lui avait rien donné. Il avouait que ses deux gendres avaient émigré, mais il affirmait qu'il ne correspondait point avec eux, et on n'en avait aucune preuve5.