‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 249 sur 451 · ArchiTes nationales, W 308, dossier 379, pièce 1 bis · texte numérisé non relu

ArchiTes nationales, W 308, dossier 379, pièce 1 bis

Elle reconnut tout et, en se défendant, elle défendit, non sans habileté, celui qui s'était compromis pour elle:

Que devant aller dans la Flandre et craignant d'être prise par les ennemis, il étoit permis à un fonctionnaire public d'user de subterfuge pour sauver une malheureuse famille qui s'étoit prononcée d une manière fort [trop] éclatante en faveur de la Révolution françoise pour n'avoir pas tout à redouter de ses ennemis,et qu'en conséquence le citoyen Mandrillon crut remplir son devoir envers la République françoise en donnant à la répondante une lettre pour le général prussien, dont il ignoroit même le nom ; et pour que ce général eut plus de confiance dans la lettre qui lui étoit écrite, il donna à la répondante les deux lettres dont il est ci-dessus parlé, qui prouvent qu'il avoit connu autrefois ceux dont étoient les lettres, dans une mission par lui remplie au nom des patriotes bataves auprès de la cour de Russie, en 1786 ou 1 787 l.

Mandrillon fut moins adroit. Il allégua que la lettre destinée au général prussien n'avait pas été remise, attendu qu'il n'y avait pas de général prussien à Courtrai ; que l'amitié dont il était question dans la lettre à Lavioletle était un fait passé ; que ceux dont ils parlaient étaient ses amis, parce qu'ils n'avaient point de raison de le haïr, mais que lui n'était pas le leur.

La nièce de Mandrillon se trouvait dans une situation moins compromise. Mandrillon avait une chambre chez elle : c'est là qu'il avait déposé et qu'on avait trouvé son portefeuille; elle avait été en correspondance avec lui pendant qu'il était commissaire du pouvoir exécutif en Belgique. Quant à ses relations avec le duc de Brunswick, elle ne les connaissait que comme tout le monde, par ce

1. Pièce 1 bis. Ces lettres reproduites par l'accusation ne sont pas au dossier, qui se borne aux pièces officielles. On n'a pas même l'interrogatoire devant le juge du tribunal révolutionnaire.

LA FEMME FEUCHÈRE ET L'IMPRIMEUR GJRODARD. 557

qu'il en avait dit dans ses Mémoires sur la révolution de Hollande; et elle ajoutait, non sans un certain courage, étant prévenue de complicité, qu'elle n'avait connu de son oncle que des correspondances qui faisaient honneur à son patriotisme l.

Elle fut acquittée; mais Mandrillonet la femme Laviolette, condamnés et exécutés ensemble.

Une receveuse d'abonnements pour un journal suspect : la femme Feuchère.

Le 19 (8 janvier),un procèsqui montre jusqu'où allait la liberté de la presse, jusqu'à quel degré d'employés on poursuivait l'opposition dans un journal.

C'est le procès deMarie-Àimée Leroy, femme Feuchère, receveuse d'abonnements de la Gazette de Paris, dont Durosoy, une des premières victimes du tribunal du 17 août, avait été le rédacteur. On avait trouvé chez elle le portrait de Louis XVI; une bague avec la légende : Domine salvum foc regem; un gobelet avec l'inscription : Vive le rot* I divers papiers, et dans le nombre une pièce portant le titre de « Couplets à l'honneur de Louis XVI. * Mais ce n'était qu'une satirequ'un anonyme, onlepeutcroire,avait envoyée par moquerie à l'éditeur de la Gazette de Paris \

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