‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 251 sur 451 · I/ÉVÊQUE LAMOURETTE · texte numérisé non relu

I/ÉVÊQUE LAMOURETTE

La femme Feuchère et Girouard furent condamnés à mort.

Les femmes Courvoisier et J an son, mariées à des peintres, émigrées et femmes de chambre ou femmes de charge d'une émigrée, ainsi que Saint-Léger, médecin, impliqués dans la môme accusation, furent acquittés.

Lamourette.

Une des victimes les plus intéressantes de ce mois, c'est l'homme qui avait paru réunir l'Assemblée législative tout entière dans une même résolution d'apaisement, à la veille du 10 août : Lamourette!

Lamourette, natif de Frévent (Pas-de-Calais), âgé de cinquante-deux ans, ancien oratorien, évoque constilutionne de Lyon, et membre de l'Assemblée législative, avait été l'ami de Mirabeau. Retirée Lyon avant et après la révolte de cette ville contre la Convention, il n'avait pu être que le partisan des modérés, des Girondins et des fédéralistes.

Dès que la ville fut retombée au pouvoir de la Convention, les représentants du peuple prirent l'arrêté suivant :

Considérant que l'opinion publique accuse Lamourette, évêque du département de Rhône-et-Loire, d'avoir pris part à tous les actes révolutionnaires qui se sont manifestés dans cette partie de la République et de les avoir encourages par ses écrits liberticides,

Arrêtent que Lamourette sera traduit au tribunal révolutionnaire établi dans la ville de Paris. 4 octobre 1793.

Signé : Couthon, Chateauneufrandon.

312 CHàP. XXI. -NIVOSE (SECONDE MOITIÉ).

Le 25 octobre (2e jour du 2e mois), il fut interrogé par Goftînhal l.

C'est naturellement sur les événements de Lyon que porte l'interrogatoire : chaque question est comme un petit réquisitoire qui tient parfois une demi-page. Il répondit, en somme, qu'il avait été étranger aux troubles de la ville, qu'il avait ignoré les décrets de la Convention depuis que Lyon avait été bloqué, et qu'il avait improuvé la rupture de la ville avec la Convention. Il ajouta qu'il n'y avait pas eu de bénédiction de drapeaux ; qu'il n'avait point fait de mandement contre le mariage des prêtres. Mais il avait fait assez d'autres discours où il ne se montrait pas ami du parti qui avait triomphé au 51 mai. Fouquier-Tinville, dans son acte d'accusation, cita ces paroles qu'il avait prononcées en chaire, le 2 juin 1795, à l'occasion d'un service célébré dans sa cathédrale pour les victimes de l'émeute du 29 mai précédent à Lyon :

Pour peu que les abus continuent à s'avancer, bientôt la destinée de la France ne se trouvera concentrée que dans des mains teintes de sang et souillées de crimes ; et alors plus de vraie représentation nationale ; alors les mandataires du vrai souverain ne seront plus que les représentants des bordes incendiaires et meurtrières ; alors toutes ces lois se feront au gré et peut-être sous le glaive de la faction la plus immorale et la plus corrompue du peuple ; alors l'anarchie dévouerait au feu et à l'échafaud la portion saine et vertueuse des en* voyés de la nation ; alors enfin tout serait à la discrétion de ces hordes séditieuses, qui, du fond de tons nos départements, vont grossir la foule des perturbateurs qui ne cessent d'agiter cette grande capitale, de tout temps en profession (sic) d'être le refuge des méchants et le théâtre des grands crimes *.

1. Archives, W 309, dossier 404 6t«, pièces 4 et 3 (le numéro 3 est la suite du 4 ; il a été pincé avant et coté séparément par erreur.

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