‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 253 sur 451 · COFFINHAL · texte numérisé non relu

COFFINHAL

i. Archives, ibid., pièce 8. — 2. Ibid., pièce 9.

La réponse n'était pas douteuse (22 nivôse, 1 1 janvier).

« Après le prononcé du jugement, dit Du Lac, cet évêque, les mains encore teintes du sang du vertueux Challier (tout le parti modéré à Lyon était rendu responsable du supplice de cet autre Marat), fit un signe de croix et ne proféra pas une parole. — La confession publique ou le repentir de ses crimes,ajoute-t-il,eût été sans doute plus méritoire aux yeux delà divinité,qu'une vaine singerie dont, ici-bas même, on ne tient déjà plus de compte. Mais ayant adopté la livrée de la fourberie, il n'a voulu la quitter qu'à la mort1 ».

Riouffe, qui était avec lui à la Conciergerie, a parlé du vieux prêtre comme du jeune Custine. 11 rapporte que, ramené du tribunal, il s'occupa tranquillement avec ses compagnons, dissertant sur l'immortalité de l'âme; et comme on le plaignait : c Eh ! quoi, la mort n'est-elle pas un accident auquel on doit se préparer? La guillotine, ce n'est qu'une chiquenaude sur le cou. » Beugnot, qui fut comme Riouffe avec Lamourelte, mais qui de plus était son compagnon de chambre, a plus d'autorité en parlant de sa vie dans la prison, et il rend à ses derniers moments la couleur religieuse que Riouffe en avait effacée. « Dans la prison, dit-il, on le voyait remplir régulièrement, mais sans affectation, ses devoirs de prêtre. Lorsqu'il fut conduit au tribunal, il avoua ce dont il était accusé, comme le devoir le plus sacré de son état, confessa sa foi, fit le signe de la croix et attendit son jugement. » — « Il m'a chargé, ajoute Beugnot, de publier la rétractation du serment qu'il a prêté à la constitution civile du clergé. Je n'y manquerai pas1. »

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