JEAN DECOURCHANT, CANONIER DU 10 AOUT
Un canonnicr du 10 août (Dfecourchant); un fédéraliste (J.-J. Durand).
Les dénonciations avaient sur ce tribunal un empire que les témoignages contraires les plus précis ne parvenaient pas toujours à balancer. Voici par exemple, le 23 nivôse (12 janvier), un des combattants de l'insurrection du 10 août qui fut condamné comme l'ayant combattue. Il se nommait Jean Decourchant, et était adjudant instructeur de l'artillerie parisienne. Il avait vu un citoyen qui fondait des balles et lui avait demandé s'il ferait feu sur le peuple? — Jamais. — On l'accusa d'avoir eu connaissance, et par conséquent d'avoir été complice du « projet du 10 août, » c'est-à-dire de la conspiration de la cour1.
Mis en prison sur cette dénonciation, le 15 brumaire1, il s'adressa « à ses frères de l'assemblée générale de la section des Droits de l'homme : »
Je suis, leur disait-il, non seulement innocent, mais digne encore de l'estime des sans-culottes, que j'ai honorablement servis dans la journée du 10 août 3.
Il produisait en même temps une attestation que, le 10 août, bien loin de se ranger du côté des royalistes, il avait le premier proposé de débourrer les canons et qu'il l'avait fait4. A. cette attestation s'en joignait une sembla-
1. Archives nationales, W509, dossier 406, pièce 4 et pièce 45 (jugement) .