‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 259 sur 451 · Pièces 1 à · texte numérisé non relu

Pièces 1 à

350 CHiP. XXI. - NIVOSE (SECONDE MOITIÉ).

Il l'avait mis dans deux seulement, parce qu'il les avait relues. Loin de prendre part aux mouvements insurrectionnels des départements, il avait tenté de les prévenir. Il n'avait pas correspondu avec les départements insurgés.

D. Pourquoi ces calomnies atroces contre la saine partie de la Convention?

11 avait été trompé.

Par qui? — Par des écrits envoyés sans signature. Il avait été dupe d'une conspiration qu'il ignorait, et aussitôt qu'il avait été éclairé, il s'était empressé de réparer ses torts1.

Ces humbles désaveux ne le sauvèrent pas.

Un capucin jacobin, trop ami des Girondins (Dougados); l'ancien capitaine d'Abzac.

La condamnation de Durand n'a pas lieu de surprendre. C'était un fédéraliste pur, et, aux yeux des hommes qui étaient au pouvoir, fédéraliste était pire que royaliste. Les plus francs patriotes, s'ils avaientparu incliner du côté de la Gironde, étaient voués à la proscription.

C'est cequ'éprouva, le 24 nivôse (13 janvier), Yenancc Dougados, ancien capucin de trente ans, et depuis jacobin, professeur d'éloquence, de poésie et d'histoire, à Carcassonne. Il fut dénoncé devant la Société populaire de Béziers, comme ayant parlé avec mépris de la Convention

4. Arcbites, ibid.% \V 309, pièce 36 (acte d'accusation), pièce 37 (procès- verbal d'audience), pièce 39 (déclaration du jury), pièce 38 (jugement).

L'ANCIEN CAPUCIN DOUGADOS. 351

telle qu'elle était depuis le 31 mai : c Cette espèce de Convention, cette fraction de Convention1! » 11 s'en défendit, et dans une lettre datée de Béziers, 25 juillet an H (1793), il annonce à un ami qu'au bout de deux jours, et à l'issue d'une procédure criminelle, la justice et sa fermeté l'ont emporté ; et il le prie d'en avertir la Société populaire'. Mais ses ennemis ne se regardèrent pas comme battus par le résultat de cette première information; et le 4 août, la Société populaire de Béziers, s'adressant à la Convention, demanda qu'il fût traduit devant le tribunal criminel5.

Le 13, les représentants du peuple près de l'armée des Pyrénées-Orientales ordonnèrent de le mettre en accusation. Un fait nouveau fut consigné à sa charge dans les registres de la Société populaire de Béziers, et adressé au tribunal révolutionnaire à l'appui de l'accusation : c'est qu'il s'était vanté d'avoir favorisé l'évasion du girondin Birotcau, quand il passa par Montpellier*.

Dougados no perdit pas de temps pour tâcher de prévenir en sa faveur celui aux mains duquel son sort était remis. Le 21 août, il écrivit « au citoyen accusateur public du tribunal révolutionnaire » :

Citoyen,

Vous ne me connoissez pas, vous ne pouvez pas me connoitre; mais tenez pour certain que j'étois républicain, je ne dis pas avant le 10 août, mais avant 1789.

Au premier moment de la Révolution je fus persécuté par les nobles, ensuite par les bourgeois, et toujours par les

1. Archives, W309, douter 407, pièce 13 : extrait des registres, 22juilletl795

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