Ibid., pièce
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334 CilAP. XXI. — NIVOSE (SECONDE MOITIÉ).
Il protesta qu'il n'avait jamais avili la représentation nationale, comme on le lui reprochait, etqu'ii avait toujours comballu le projet de fédéralisme.
Comme le juge lui demandait s'il n'avait pas correspondu avec certains représentants factieux, il dit qu'il avait correspondu avec Chabot (autre capucin de son espèce : il n'était pas encore tenu pour factieux alors); avec Lecoinlre contre le ministre Narbonne; « avec Danton pour lui demander dos ouvrages éloquents pour les faire lire à ses élèves, parce qu'il voulait faire des orateurs et des républicains » ; il avait écrit une seule fois à Biroleau, « pour lui reprocher son bavardage, sa vanité et son acharnement contre les Jacobins. »
D, S'il n'a pas exprime publiquement une certaine improbation relativement à la conduite qu'ont tenue les Parisiens les 31 mai, 1 et 2 juin dernier ?
R. Q Til a manifesté quelque crainte, parce que le parti terrassé se disoit le bon parti; et ces craintes ont été manifestées de sa part dans la Société populaire de Perpignan; mais que quand la Société adhéra à ces journées, il y donna son adhésion avec elle.
Cet aveu le perdait. Le juge, usant de tous ses avantages :
Pour manifester une crainte pareille, il falloit, ou qu'il ne connût pas le caractère énergique et légitimement révolutionnaire des Parisiens, ou qu'il lut en opposition de sentiments sur ce généreux courage qu'ils n'ont cessé de montrer pour assurer la liberté et consolider la République.
A répondu qu'il n'a jamais été en opposition de sentiments avec les braves Parisiens; que le propre d'un républicain est d'être sur ses gardes.
A lui observé que ce langage laconique de sa réponse entre dans le système de ces hommes qui, s'étant masqués pour un
LE CAPITAINE lTABZAC. 55Î>
temps, se sont enfin fait connaître pour des hommes qui n'étoient rien moins que révolutionnaires.
Il protesta, mais on avait contre lui une lettre de Biroteau ainsi conçue :
Lyon, 6 juin.
Fères et amis,
Je suis enfin certain que la Commune de Paris n'arrêtera plus notre correspondance, et je suis à l'abri des poignards des assassins.
Je ne vous affligerai pas davantage par le tableau des maux auxquels nous sommes en proie. Je laisse ce soin aux citoyens Escalais et Dougados *.
Il fut condamné à mort*.
Le même jour comparaissait un accusé de tout aulrc nature, Bernard-Augustin d'ÂBZAc, âgé de 51 ans, ancien capilaine au 11e régiment d'infanterie, ci-devant de marine*. Rentrant à Toulon d'une croisière, il avait reçu ordre par une dépulalion du « Club dos sous-officiers et soldats » de quitter le vaisseau. Il répondit, méprisant celte dictature soldatesque, qu'il n'obéirait qu'à une injonction d'un capitaine. Arrêté, il fut conduit à Périgueux et ce fut devant le comité de surveillance de cette ville qu'il subit son premier interrogatoire.
Il y montra autant de fermeté que de franchise. On l'accusait de correspondance avec les émigrés et d'envoi d'argent au dehors.
Il avait reçu, entre autres, une lettre où on lui disait :
Resterez-vous là-bas? Vous y êtes nécessaire et bien plus utile qu'émigrant : c'est l'opinion générale, et les princes ne