‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 285 sur 451 · E. DE ROETTIERS, M— DE BILLENS ET DE CHARRAS · texte numérisé non relu

E. DE ROETTIERS, M— DE BILLENS ET DE CHARRAS

choses reviendraient en l'état où elles étaient ayant la Révolution \

Un ancien serviteur de Mme de Billens, P. Antoine Duvillers, et sa femme, déposaient aussi du langage aristocratique qui se tenait dans cette maison ; « que nous n'aurions pas le dessus ; que les sept cent cinquante députés étaient autant de rois, autant de gueux ; que les Jacobins et Marat étaient des scélérats. » Ils avaient notamment entendu Roettiers dire à table qu'il était au château avec les autres à la journée des poignards f.

Em. de Roettiers ne disconvenait pas qu'il eût fréquenté son oncle Roettiers, la marquise de Charras et la b*,%onne de Billens. Quant à c la journée des poignards », il ne savait ce que c'était; mais il était à cette date aux Tuileries pour son service et il y est resté auprès du roi jusqu'au 9 août 1792 3.

Après cette enquête, dont le procès-verbal avait été envoyé au tribunal, le juge commis pour interroger les 4rois prévenus ménagea fort ses questions1. On avait moins de renseignemenls sur la marquise de Charras que sur les deux autres. Il lui demanda :

D. Quelles sont ses opinions sur la Révolution? R. Qu'elle trouve bien fait ce qu'elle fait. D. Ce qu'elle a pensé du jugement dû dernier tyran et de son infâme femme?

R . Que puisqu'on les a jugés, c'est qu'ils méritoient de l'être8.

C'était ratifier d'avance sa propre condamnation. Fouquier-Tinville tonna comme d'habitude, notam-

1. Archives, ibid., pièce 28 (18 frimaire). La femme de charge Catherine Petit, veuve Carouge, interrogée sur les opinions ac sa maîtresse, dit que « depuis trois mois, elles sont conformes à la révolution.»

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