MORT DE ROLAND
Sur un autre pli du billet, on lit :
« Non la crainte, mais l'indignation.
« J'ai quitté ma retraite au moment où j'ai appris qu'on allait égorger ma femme; et je ne veux plus rester sur une terre couverte de crimes l. »
Vertueux et honnête (ne disputons pas sur ces mots), mais déplorablement faiblo ! En faisant des vœux pour que son pays sût « abhorrer enfin tant de crimes et reprendre des sentiments humains et sociaux », pensait-il aussi aux journées de septembre ? En se frappant de son épée, se souvint-il de ces « quatre citoyens » employés « à l'expédition des prêtres de Sainl-Firmin », qui, dans la journée du 4, se présentèrent, avec des armes ensanglantées, dans ses bureaux, pour se faire payer de leur ouvrage*?
1. Billet déposé aux Archives nationales et cité par M. Dauban, Etude sur Mme Roland, p. ccli. Il est exposé au musée des Archives, vitrine 217, n*159I.
2. Voy. G r.) nier de Cassagnac, Les Girondins, t. H, p. 81 et suiv. — Voyez aussi ce que Kolanl lui-même dit du 2 septembre dans son adresse aux Parisiens: t J'ai admiré le 10 août ; j'ai frémi sur les suites du 2 septembre. J'ai bien jugé ce que la patience longue et trompée du peuple et ce que sa justice avaient dû produire; je n'ai point inconsidérément blâme un premier mouvement; j'ai cru qu'il fallait blâmer sa continuité, » etc. [Moniteur du 13 septembre 1792.)