lbid.% dossier 477, pièce
ROLAND DE MONTJOORDAIN. 395
fonction pour garder sa famille j'ai pu dire que je périrais à mon poste.
Il avouait qu'il avait signé la pétition des 8000, mais il ne l'avait pas colporté! Il n'était allé aux Tuileries qu' « après la prise du château, ayant passé toute la matinée à la caserne, au comité qui fut permanent : »
D. Vous avez donc préféré une honteuse inaction au désir que devait avoir tout bon citoyen de seconder ses frères d'armes contre la tyrannie et l'oppression?
R. Non : j'ai toujours eu le plus ardent désir de servir partout avec mes frères d'armes; mais le citoyen qui commandait ce jour-là me demanda, en partant à deux heures du matin,. . . de rester au corps de garde, attendu que, presque tous les hommes du quartier s'ahsentant, il pouvait être utile pour le bien public qu'un bon citoyen très connu, comme ayant commandé longtemps, se trouvât au poste, quels que fussent les événements que la nuit faisait prévoir.
D. Avez- vous un conseil *?...
Formule que Cofûnhal, lorsqu'il présidait au tribunal, traduisait par cette aulre : « Assez causé ».
Le président posa au jury les questions en cette forme :
Il a existé une conspiration tendant à troubler l'État par une guerre civile en France, dans les journées des 20 juin et 10 août 1792, en armant les citoyens les uns contre les autres et contre l'exercice de l'autorité légitime.
Nicolas Roland-Montjourdain, cy-devant commandant du bataillon de la section Poissonnière, est-il complice de cette conspiration?
Dobsent.
i. ArchWes , ibtd.9 pièce 1 bit.
La réponse fut affirmative et la sentence suivit.
J'ai dit ailleurs comment la veille de son supplice, il se riait, par des chansons, de la mort qui l'attendait1.
i. La Terreur, t. II, p. 33.