‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 3 sur 451 · RAPPORT DE SA1NW0ST (19 DU !•' MOIS · texte numérisé non relu

RAPPORT DE SA1NW0ST (19 DU !•' MOIS

Il n'y a point de prospérité à espérer, dit-il, tant que le dernier ennemi de la liberté respirera. Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents mêmes. Vous avez à punir quiconque est passif dans la République et ne fait rien pour elle : car, depuis que le peuple français a manifesté sa volonté, tout ce qui lui est opposé est hors le souverain : ce qui est hors le souverain est ennemi.

Il avait dit en commençant :

Les lois sont révolutionnaires; ceux qui les exécutent ne le sont pas.

Il reprend cette accusation contre l'administration civile, contre le commandement militaire, contre le gouvernement même :

Vous avez eu de l'énergie, l'administration publique en a manqué... Tout le monde a pillé l'État. Les généraux ont fait la guerre à leur armée... Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux : c'est son gouvernement. Le vôtre vous a fait constamment la guerre avec impunité... Vous avez eu peu de ministres patriotes ; c'est pourquoi tous les principaux chefs de l'armée et de l'administration, étrangers au peuple, pour ainsi dire, ont été constamment livrés aux desseins de nos ennemis. .. Il n'est peut-être point de commandant militaire qui ne fonde en secret sa fortune sur une trahison en faveur des rois...

Il ne parle pas autrement des premiers agents du gouvernement. D'où il conclut :

Le gouvernement est donc une conjuration perpétuelle contre l'ordre présent des choses. Six ministres nomment aux emplois. Us peuvent être purs, mais on les sollicite. Ils choisissent aveuglément. Les premiers après eux sont sollicités et choisissent de même. Ainsi le gouvernement est une hiérarchie d'erreurs et d'attentats.

Citoyens, tous les ennemis de la République sont dans son

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gouvernement. En vain vous vous consumez dans cette enceinte à faire des lois ; en vain votre comité, en vain quelques ministres vous secondent : tout conspire contre eux et contre vous.

Il passe alors en revue :

1° Les riches qui doublent leurs revenus par les taxes (il ne dit pas comment) ; qui font hausser le prix des denrées par leurs dépenses, qui se portent aux adjudications (singulière économie politique!) :

La plupart des hommes déclarés suspects ont des mises dans les fournitures. Le gouvernement est la caisse d'assurances de tous les brigandages et de tous les crimes ;

2° Les commerçants, qui lui sont suspects comme accapareurs ; mais du reste il veut faire quelque chose pour le commerce. Ce qui lui manque, ce sont les canaux et les- routes ; or on a des bras disponibles, ceux que les défiances du gouvernement entassaient dans les prisons : en attendant qu'on envoyât tous ces aristocrates à la guillotine, il ne lui déplairait pas qu'on les soumît aux travaux des forçats :

Votre comité avait eu l'idée d'employer les hommes justement suspects à rétablir les routes, à percer les canaux de Saint-Quentin et d'Orléans, à transporter les bois de la marine, à nettoyer lesQeuves.Ce serait le seul bien qu'ils auraient fait à la patrie: c'est à vous de peser cette idée dans votre sagesse. Dans une république il n'y a point de considération qui doive prévaloir sur l'utilité "commune; il serait juste que le peuple régnât à son tour sur ses oppresseurs, et que la sueur baignât l'orgueil de leur front.

Mais, si les choses vont si mal, n'a-l-on pas le remède dans la Constitution que Ton a faite pour le bonheur du

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