Archives, W 320, dossier 487, pièce
déguisement? Ne s'est-il pas élancé, en fuyard ennemi, d'une fenêtre du château sur un point de la terrasse alors abandonné par les assaillants?... Cette victoire du peuple ne l'a-trelle pas saisi d'épouvante; et n'alla-t-il pas cacher son trouble et son calme dans une retraite inconnue pour se soustraire à de justes poursuites?
Tous ces faits sont ou constants aux débats ou évidents de leur nature.
L'accusé est donc coupable ; et son délit est d'un genre qui n'admet ni compensation, ni adoucissement, ni excuse.
Mais la raison pour le condamner à mort sans scrupule dépasse toute imagination :
Certes, si dans le moment où le torrent populaire avait forcé toutes les résistances, pénétré toutes les issues, l'accusé n'eût pas fui, il aurait été immolé et justement immolé... Si, au moment où il s'élançait sur la terrasse on l'eût saisi, il aurait été immolé et justement immolé. Si dans sa fuite, un soldat de la liberté l'eût atteint, ce soldat l'aurait immolé et justement immolé... Enfin si le patriotisme qui le poursuivit et le fit poursuivre pendant quelques jours eût découvert sa retraite, le glaive de la loi eût fait justice de ce criminel échappé.
Eh bien; le voilà devant nous aujourd'hui, le voilà retrouvé et convaincu. Le jury révolutionnaire voudrait:il donc lui tendre la main?.. Et ce tribunal spécialement chargé des vengeances du peuple serait-il donc transformé par nous en lieu d'asile pour l'ennemi du peuple, pour ce valet dévoué de ses assassins? Non, sans doute.
En ma conscience, l'accusé Pasquier est convaincu *.
Cette façon de réquisitoire, cette éloquence de juré, mal à sa place, finirent sans doute par offusquer Fouquier-Tinvillle et agacer Robespierre lui-même. On