‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 314 sur 451 · LES HUIT RELIGIEUSES CARMÉLITES · texte numérisé non relu

LES HUIT RELIGIEUSES CARMÉLITES

R. Étaient-cc des prêtres constitutionnels?

R. Non, citoyen.

D. Les avez-vous connus au couvent des Carmélites?

R. Non, citoyen.

D. Qui est-ce qui les a introduits rue Cassette?

R. Je ne veux pas vous le dire.

D. Les mêmes prêtres ont-ils continué de vous voir rue Neu\e-Sainte-Geneviève?

R. Oui, quelques-uns.

D. Exerçaient-ils auprès de vous les fondions de leur ministère?

R. Oui, citoyen, ils célébraient la messe et confessaient.

D. N'est-ce pas eux qui vous ont fait parvenir la pièce que je vous représente, commentant par ces mots : C'est au nom de Jésus-Christ y et finissant par ceux-ci : au prix de mon sang, et en adoptez-vous les principes?

R. Non, citoyen, ce n'est pas eux. A l'égard des principes je les adopte1.

D. Persi>lez-vous dans votre premier interrogatoire?

R. Oui, j'y persiste.

R. Pourquoi ne voulez- vous pas prêter le serment de liberté et d'égalité prescrit par la loi?

R. Tarce que je le trouve contraire à mes vœux.

D. Vos vœux sont donc contraires à la loi?

R. Apparemment.

D. Je vous invite pour la dernière fois à me nommer les prêtres qui, d'après votre propre aveu, vous ont mis dans le cas d'être réfractaire aux lois de la République.

R. Je persiste à ne pas vouloir les nommer. Mais je déclare que ce ne sont pas eux qui me rendent réfractaire aux lois de la République.

D. Avez-vous un conseil?

1. Elle avait probablement dit d'abord : Autant qu'Ut ont égaux aux principes de l'Évangile. Elle fit rayer ces mois à la lecture.

R. Non, citoyen. — Et avons nommé le citoyen Lafflenterie.

Lecture faite, etc.

L'interrogatoire des autres amena les mêmes questions et au fond les mêmes réponses.

Notons seulement ces deux traits de l'interrogatoire de Victoire Crevel :

D. Approuvez-vous les sentiments qui sont manifestés dans l'écrit que je vous présente, et persistez-vous à votre premier interrogatoire?

R. Oui, citoyen. Cependant je crois que nous sommes tous égaux devant Dieu et devant la loi ; je crois aussi que nous sommes libres, sauf à rendre compte de l'abus soit à Dieu, soit à la loi.

D. Les prêtres qui venaient dans votre maison étaient-ils constitutionnels?

R. Ah! certes que j'en serais fâchée ! J'aimerais mieux ne pas me confesser de la vie*.

Tout le mondepouvail s'attendre avoir cette confession courageuse leur attirer la peine que prononçait journellement le tribunal en pareil cas. Mais Dumas, qui présidait (citons ce fait à sa décharge), paraît avoir reculé devant une semblable immolation. Il rédigea les questions au jury en ces termes :

Est-il constant qu'à Paris, rue Neuve-Sainte-Geneviève, depuis le mois de juillet, il a été formé un rassemblement de huit femmes dans lequel des prêtres coupables inspiraient par des écrits, des discours, des pratiques appelées religieuses, un fanatisme qui a égaré plusieurs personnes au point de refuser constamment de prêter le serment de liberté et d'égalité?

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