CHAP. XV. - BA1LLY
et de sûreté générale réunis la disposition de les mettre hors la loi pour les crimes de contre-révolution (séance du 20 brumaire, 10 novembre 1793).
Mais le Comité de salut public, se croyant hors de toute atteinte, fit rapporter le décret le surlendemain, pour la raison que le peuple seul est inviolable, et qu'il ne fallait pas constituer une aristocratie nouvelle pour les représentants. C'est ce motif que fit habilement valoir Barère, l'organe du Comité. Merlin de Thionvillc eût même voulu aller plus loin. 11 demanda < que les députés eux-mêmes ne fussent plus traduits à la Convention pour être décrétés d'accusation ; » mais c'eût élé livrer le Comité de salut public lui-même, avec la Convention, aux mains de Fouquier-Tinville. Billaud-Varennes s'y opposa, et le décret du 20 fut simplement aboli à l'unanimité1.
La proposition de Chabot avaiteu, dit-on, pour occasion le décret rendu la veille (19 brumaire, 9 novembre 1795) contre le député Osselin, le rapporteur de la loi contre les émigrés, accusé de l'avoir violée en faveur d'une érnigrée de haut parage, la marquise de Charry, qu'il avait eu des raisons particulières de soustraire aux poursuites de la justice. Nous les retrouverons plus tard. Un homme en qui se manifestait d'une façon bien autrement frappante les vicissitudes des révolutions, le plus exalté à l'origine, le plus haï maintenant, avait comparu ce jour-là devant le tribunal : c'était Bailly.