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LE NOTAIRE CHAUDOT ET LE CURÉ ÀUBERT

que ce nouvel ordre de choses imprévu pourrait exiger une nouvelle considération de votre part; soit dit seulement par pure observation : car le locataire a ordre de vous payer comme par le passé. Il faut espérer que la divine Providence mettra ordre à tout; en attendant je ne sais ce que je deviendrai. Quel siècle, quel temps, quels hommes ! tout perdre, être volé de toute part et crier : Vive la Nation* !

Il disait pour sa justification qu'il n'avait jamais fait aucun écrit public, qu'il écrivait celte lettre à Chaudot, simple particulier, et que son intention n'était pas de la rendre publique.

Quant à Chaudot, voici ce qu'il en disait dans son interrogatoire :

D. S'il n'a pas entretenu une correspondance avec le nommé Àubert, curé à Panetière?

R. Que non.

D. Si ledit Àubert ne lui a pas écrit une lettre le 24 décembre 1792?

R. Que oui ; que cçtte lettre avait pour but le payement des arrérages d'une rente de 120 francs dont jouit le père du déclarant, qu'il croit que ledit Àubert était chargé de payer depuis le décès du citoyen Lefebvre à qui il la payait auparavant.

D. Si cette lettre ne contenait pas des opinions contrerévolutionnaires ?

R. Qu'il ne l'a appris que lorsque cette lettre a été trouvée sur son bureau ; qu'il ne se rappelle pas [si] lorsqu'il l'a reçue il la lut en entier \

Les six accusés nommés ci-dessus furent condamnés; trois autres qui figuraient avec eux dans l'accusation,

1. Voy. cette lettre, Archi?es, W 324, doss. 505, pièce 15. î. lbid,% pièce 15.

426 CHAP. XXm. — PLU\TIOSE (SECONDE MOITIÉ).

L.-D. Auriol, ci-devanl conseiller à la Cour des monmnies de Lyon, Geneviève Gomaxd, sa femme, et L.-À. Desfrançais, maître de langues, acquittés faute de preuves suffisantes. Les débats avaient duré trois jours, du 25 au 25 '.

Un décret dé la Convention, rendu à la dernière heure (le 26), ordonna qu'il fût sursis à l'exécution de Chaudot et renvoya, en ce qui le concernait, au Comité de législation pour qu'il en fit un prompt rapport1.

Une chanson et un propos d'homme ivre. — Fin du Glaive vengeur.

Il devait arriver souvent quand il y avait tant de manières d'être suspect, que la recherche d'un délit en faisait trouver un autre, et l'accusation ne manquait pas de se jeter sur celui qui lui paraissait offrir le plus de prise à l'attaque.

J. -Antoine-Bernard Dorse, ci-devant procureur à la Cour des comptes de Dijon, et son fils J.-B. Dorse, commis greffier à la même Cour, avaient été trouvés nantis d'une liste de souscription3, d'où l'on inféra un complot pour envoyer dé l'argent aux émigrés. Ils alléguèrent en vain qu'elle n'avait d'autre objet qu'une estampe destinée à perpétuer le souvenir de Chartraire-Demouligny, ancien maire de Dijon*.

On a\ait trouvé aussi chez eux cette chanson qui té-

1. Archive^. W 324, doss. 515, pièce 27, proevs-verhal d'audience.

2. Ibid., pièce 21. — 3. Archives. \V 324, dossier 510, pièces 10 et 11.

4. lbid.% pièc»> 37. Cf. Iïiitcrro«:atoire de Dorse lils, pièce 38. Ce qui le confirme, c'est qu'on a (pièce 8) une bande imprimée contenant, â huit ou dix exemplaires, un qunlr .iîii l'ait pour cette estampe.

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