JOSEPH CANEL
c de me défendre; et loi, accusateur public, fais ton « métier, ordonne qu'on me mène à la guillotine1. »
La jeune fille, qui le voulait sauver, qui assistait à l'audience, croyant qu'on allait le lui rendre, s'évanouit à ces paroles. On l'emporta sans connaissance. Gosnay, ramené après sa condamnation à la Conciergerie, traversa la cour d'un air de triomphe. Sa constance, sa gaieté même, ne se démentirent pas jusqu'au dernier moment2.
Le 5 ventôse (23 février), propos d'ivrogne :
Joseph Ganel, perruquier, un jour, le 18 juin, aux Champs-Elysées, s'était avisé de crier : « Vive le roi ! j'aime la noblesse : je n'en veux qu'au clergé! » Ce mauvais vouloir pour le clergé n'effaça pas sa manifestation pour le roi et la noblesse 3.
Dans son interrogatoire il avait dit pourtan! qu'il ne se rappelait rien, qu'il était complètement ivre4; aussi le président Dobsent crut-il devoir poser au jury cette question :
L'a-t-il fait dans des intentions criminelles, et contrerévolutionnaires ?
Et le jury répondit affirmativement sur toutes les questions !
Il faut nommer encore les jurés : c'étaient Thoumin, Renaudin, Billion, Klispis, Girard, Châtelet, Frey, Baron, Pigeot, Gravier5.