‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 329 sur 451 · MAUSSION, ANCIEN INTENDANT DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

MAUSSION, ANCIEN INTENDANT DE NORMANDIE

cernent de la Révolution. On avait voulu l'accuser d'émigration : mais ses réponses furent si nettes snr le voyage qu'il avait fait, en temps parfaitement licite, et ses preuves de résidence si bien établies, qu'on y insiste à peine dans l'acte d'accusation1. Ce que lui reproche surtout Fouquier-Tinville, c'est « d'avoir cherché à affamer « le peuple en faisant accaparer et resserrer les blés. » 11 paraît qu'une émeute avait tenté de forcer ses greniers et que l'intendant l'avait comprimée ; ce qui faisait dire à l'accusateur public qu'il s'était « vengé de l'énergie du peuple, qui s'éloit transporté chez lui pour le forcer d'ouvrir les greniers qui recéloient sa subsistance, en faisant condamner à l'infâme supplice du gibet deux citoyens qui s'étoient prononcés avec éclat en faveur de la cause de la liberté1. »

Maussion n'avait fait que les livrer à la justice. Mais l'accusateur public l'en rendait responsable, prétendant « qu'en effet c'est Maussion qui, à l'aide de faux témoins pris jusque parmi les membres de l'ancien parlement de Rouen, a sacrifié à la vengeance et aux intrigues contre-révolutionnaires de Capet les infortunés Bordier et Jourdain, ces premiers martyrs de la liberté et de l'égalité dont ils s'étoient déclarés les défenseurs. »

Un pareil attentat lui méritait bien la mort.

t. Archives, W 532, dossier 560, pièce 30. 2. lbid.i pièce 46.

Prêtres, et femmes qui leur donnent asile. — Un ex -noble qui n'aime pas assez la Révolution. — Treize habitants de Sarrelibre [Sai-reloui»). — Acquittements.

La journée du 7 ventôse (25 février) est chargée déjà comme une journée de floréal.

Ce sont d'abord en un même jugement un prêtre, Jacques-Marlin Ploquin (vingt-huit ans), qualifié csupérieur du séminaire de Saint-Sulpice » ; un jeune émigré, Bimbenet-Laroche (vingt-deux ans et demi), se donnant comme aspirant à l'étatecclésiastique, l'un et l'autre poursuivis en cette double qualité, et deux sœurs, institutrices d'Orléans, Elisabeth et Marie-Jeanne Barberos (trenteneuf et quarante-neuf ans), coupables de leur avoir donné asile1.

Ploquin interrogé s'il avait prêté serment répondit: Non. Gela suffisait. On avait trouvé chez lui des lettres où il ne témoignait aucun bon vouloir pour les succès de la Révolution.

Voici une de ces lettres :

On ne conçoit rien aux nouvelles. Suivant une lettre insérée hier dans le journal politique, l'armée patriote du Nord se désorganise journellement. La route de Corbeil (Corbie?) en Picardie est pavée de délections et avec tout cela rien n'avance.. . pour la Vendée, etc.

... Une lettre de M. Cortal qui m'a été communiquée annonce que Lyon n'est pas réduit à l'extrémité comme on le débite. Lorsqu'il écrivait, il n'y avait pas encore une douzaine de maisons incendiées2.

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