‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 331 sur 451 · Archires, W 329, dossier 548, pièce · texte numérisé non relu

Archires, W 329, dossier 548, pièce

440 CIUP. XXIV. — VENTOSE.

interrogatoire daté du iS septembre 1793 n'aboutit au jugement que plus de cinq mois après, 7 ventôse, 25 février 1794.

Les réponses d'Elisabeth Barber on, dans son interrogatoire du même jour, ne sont pas moins nettes ni moins fermes :

Elisabeth Barberon, trente-neuf ans, maîtresse de pension :

A elle demandé si elle a réfugié chez elle et pris en pension les nommés Barthélémy La Roche et Jacques-Martin Ploquin ?

A répondu que oui.

D. Durant combien de temps ils sont demeurés chez elle ?

R. Durant quatre mois et demi environ, et qu'ils y sont restés jusqu'au moment de leur arrestation.

D. Si elle connaissait la qualité de ces personnes ?

R. Que Ploquin était prêtre et que l'autre s'est donné pour frère Zosime, capucin.

A elle observé qu'elle ne connaissait donc pas la loi qui défendait à tous les prêtres et ecclésiastiques qui n'avaient pas prêté le serment de liberté et d'égalité, d'habiter le territoire de la République ?

R. Qu'elle croit que Ploquin et La Roche n'étaient pas sujets à la déportation ; qu'à Orléans on enferme seulement les prêtres qui n'ont pas prêté le serment, et que si elle a gardé ces deux personnes chez elle, c'est à cause de leur santé délicate.

A elle observé quelle savait bien qu'il n'était pas permis d'avoir ces personnes chez elle, puisque l'on avait disposé un logement propre à les cacher.

D. Qu'elle le savait bien, et qu'elle voulait effectivement les cacher.

D. En quelle qualité sa sœur est chez elle ?

R. Qu'elle lui rend tous les services qu'une domestique lui rendrait, qu'elle n'a aucune influence dans la maison, qu'elle n'a eu aucune part à l'entrée de ces personnes,

PLOQUIN, BIMBENET-LÀROCUE ET LES SŒURS BARBERON. 441

qu'au contraire c'a été contre sa volonté, mais qu'elle, répondante, était la maîtresse et tient seule la maison. Lecture faite, etc.1

Marie-Jeanne Barberon n'aurait pas été peut-être aussi sincère, si ses réponses n'eussent pas été de nature à l'excuser. Elle dit en toute vérité :

Qu'elle faisait le service chez sa sœur et n'y donnait pas d'ordres ! Qu elle savait que Ploquin était prêtre et que l'autre se disait seulement postulant aux capucins ; que c'est contre sa volonté que sa sœur les a gardés chez elle et que c'est par bonté et par pitié que sa sœur s'est laissé gagner.

L'accusateur public avait trop beau jeu dans cette affaire. Il ne manqua pas d'y voir un complot qui se reliait à l'affaire semblable de l'ancien jésuite Dervillé, hébergé par Marie Poullin dans la même ville et condamné avec elle. Tel fut aussi le sort des quatre accusés.

Puis un ex-noble, ci-devant écuyer des tantes du roi, Et. Claude Marivetz (soixante-cinq ans), accusé de conspiration et de correspondance au dehors.

Dans son interrogatoire (1 7 nivôse) devant deux officiers municipaux, commissaires délégués par Je conseil général de Langres, il avait nié toute relation avec les émigrés, mais avoué ses rapports avec des personnes qui avaient émigré :

Interrogé s'il n'a pas éprouvé quelque sensation désagréable à la suppression de la noblesse?

A répondu que oui, mais qu'il les avait volontiers sacrifiés (ses titres) à la tranquillité publique.

D. S'il n'a pas frondé l'établissement du gouvernement démocratique?

R. Qu'il a toujours pensé qu'un gouvernement démocra-

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