‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 345 sur 451 · LA FAMILLE SAINT-SOUPLET · texte numérisé non relu

LA FAMILLE SAINT-SOUPLET

en avait la preuve dans une lettre de la mère, qui disait à l'un de ses autres enfants : « Avec des draps serviettes (de huit cent livres, achetés), et le voyage de votre frère, nous avons grand besoin de nous borner au nécessaire *. » On en trouvait une preuve plus éclatante encore dans celte reconnaissance du jeune officier, parlant pour l'émigration :

Je soussigné, promets et m'engage de tenir compte à mon frère aîné, ainsi qu'à mon second frère M. l'abbé de Saint- Souplet, de la somme de 30 000 livres que mes père* et mère* ont bien voulu payer pour moi et pour mon avancement dans le régiment des gardes françaises, et aussi de la somme de 2400 livres, qui m'ont été délivrées et payées, non en assignats mais en espèces sonnantes, que je leur ai demandé[es] pour aller, de ma pure et bonne volonté, rejoindre les princes, frères du roy... Le tout exigé de mon père pour prouver à ses trois enfanls ses sentiments de justice et d égalité et de nulle espèce de dureté de sa part...

Au château de Saint-Cyr, le 25 septembre 1791, à six heures du soir.

Alex. Fr. Guillemeau, chevalier de Sàikt-Souplet, lieutenant-colonel d'infanterie et lieutenant on 2e au régiment des gardes françaises '.

Le fils aîné, qui avait été de la maison du roi, pouvait donner prise à l'accusation par lui-même.

Interrogé sur ses noms, sur son âge et ses qualités, il avait répondu :

Anne Claude Guillemeau de Saint-Souplet, âgé de quarante et un ans, cultivateur.

D. N'étiez~vous pas noble avant la révolution?

4. 26 octobre, 1791. Archives, W 533, doss. 570, pièce 2<J. ï. Ibid., pièce 28.

458 CHAP. XXIY. — VENTOSE.

R. Pétais noble en qualité de comte, j'appartenais au roi comme sou écuyer.

D. A quelle époque avez -vous quitté le service du ci-devant roi?

R. J'y suis resté jusqu'à l'époque du 10 août 1792, à laquelle époque j'ai rejoint mon père à Saint-Cyr et je ne l'ai pas quitté depuis ce temps-là.

On l'interrogé sur son frère; il répond qu'il a quitté sa famille dans le courant de l'automne 1791 : on n'en a plus eu de nouvelles. Il proteste n'avoir jamais eu d'intelligences avec l'ennemi et nie d'avoir manifesté des sentiments contre la Révolution.

On lui présente deux petits paquets ensanglantés.

C'est du sang de sa mère.

D. N'est-ce pas plutôt du sang du dernier tyran? R. Non.

R. Où étiez-vous le 10 août?

D. J'étais dans un galetas avec les deux premiers valets de chambre du roi.

Il était donc au château. Qu'avait-on besoin d'en savoir davantage? Aussi le juge ne lui fait-il plus que la question finale :

D. Avez-vous fait choix d'un conseil1?

Pour le second frère, Anne Michel (quarante ans), qui était prêtre, on avait d'autres questions à lui adresser. Avail-il prêté le serment? — Il n'avait pas eu à prêter le serment relatif à la constitution civile du clergé, n'étant pas fonctionnaire public ; mais il avait prêté le serment de liberté et d'égalité, et même il avait été officier municipal de la commune de Saint-Cyr en 1793. Il avait écrit à son frère, mais quand il était encore en France,

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