‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 348 sur 451 · LE VIEUX LOUIS ROBIN · texte numérisé non relu

LE VIEUX LOUIS ROBIN

D. S'il se rappelle avoir été interrogé à Troyes par le juge de paix?

R. Qu'il lui semble que oui.

À lui observé, que lors de cet interrogatoire il a avoue qu'il avait fait le placard et qu'il Pavait affiché.

R. Qu'il peut bien l'avoir dit, mais qu'il ne s'en rappelle pas.

D. De qui il se confesse à Troyes?

R. Qu'il y a plus de vingt ans qu'il ne s'est confessé.

D. Quelle est son opinion sur le dernier tyran, la Convention nationale et le club de Troyes?

R. Qu'il n'a rien à dire du tyran, que la Convention nationale fait beaucoup de bien et que le club de Troyes ne fait point de mal.

D. S'il a un conseil1...

Croirait-on que le président ne posa même pas la question intentionnelle? Le jury répondit affirmative* ment sur le fait et le tribunal condamna à mort1.

On publiait, du reste, àParis même, des placards plus dangereux : car la souffrance était extrême et Ton voulait au moins se soulager par ce cri de haine contre le régime auquel on l'imputait. Les auteurs échappaient à l'œil de la police, et le Comité de salut public ne savait que s'en prendre à la conspiration de l'étranger et stimuler l'activité de son tribunal. . C'est à cette fin qu'il proposa par l'organe de Barère, et Ot rendre, dans la séance du i6 ventôse, le décret suivant :

Art. \ . L'accusateur public du tribunal révolutionnaire est chargé d'informer sans délai contre les auteurs et distribu* teurs de pamphlets manuscrits répandus dans les haltes et marchés et qui sont attentatoires à la liberté du peuple français et à la représentation nationale.

Page 1