LE VIEUX LOUIS ROBIN
D. S'il se rappelle avoir été interrogé à Troyes par le juge de paix?
R. Qu'il lui semble que oui.
À lui observé, que lors de cet interrogatoire il a avoue qu'il avait fait le placard et qu'il Pavait affiché.
R. Qu'il peut bien l'avoir dit, mais qu'il ne s'en rappelle pas.
D. De qui il se confesse à Troyes?
R. Qu'il y a plus de vingt ans qu'il ne s'est confessé.
D. Quelle est son opinion sur le dernier tyran, la Convention nationale et le club de Troyes?
R. Qu'il n'a rien à dire du tyran, que la Convention nationale fait beaucoup de bien et que le club de Troyes ne fait point de mal.
D. S'il a un conseil1...
Croirait-on que le président ne posa même pas la question intentionnelle? Le jury répondit affirmative* ment sur le fait et le tribunal condamna à mort1.
On publiait, du reste, àParis même, des placards plus dangereux : car la souffrance était extrême et Ton voulait au moins se soulager par ce cri de haine contre le régime auquel on l'imputait. Les auteurs échappaient à l'œil de la police, et le Comité de salut public ne savait que s'en prendre à la conspiration de l'étranger et stimuler l'activité de son tribunal. . C'est à cette fin qu'il proposa par l'organe de Barère, et Ot rendre, dans la séance du i6 ventôse, le décret suivant :
Art. \ . L'accusateur public du tribunal révolutionnaire est chargé d'informer sans délai contre les auteurs et distribu* teurs de pamphlets manuscrits répandus dans les haltes et marchés et qui sont attentatoires à la liberté du peuple français et à la représentation nationale.