‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 382 sur 451 · Ibid., pièce · texte numérisé non relu

Ibid., pièce

m JOURNAL DU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE.

les vues de la Révolution française sur son vaisseau, ou, au contraire. — Il avait fait lire à son vaisseau toutes les lois qui avaient été envoyées.

D. Si, lorsqu'il s* est trouvé à terre dans les villes où il a pu séjourner, il a été dans les soirées populaires?

R. Que depuis la Révolution il a presque toujours été à la mer, et que le peu de temps qu'il a été à terre et séjourné dans les villes maritimes, il ne s'est occupé que de voir ses parents et amis (ibid., pièce 65).

Enfin, on lui opposa des lettres dune femme de Bordeaux, qu'il aimait et qui l'appelait « ma belle petite Croix, » où on lisait :

« Je ne vous parle point de ce que Ton dit à « Bordeaux du mal où nous sommes plongés. Je « sais que vous y avez des personnes qui vous en « instruiront mieux que moi. Je dis moi, parce que a je suis du monde de ceux qui pense bien, c'estc à-dire de ceux qui pense comme vous. » (Ibii.% pièce 54.)

C'en était assez, outre les précédents griefs, pour qu'on le regardât comme complice de la Gironde. 6. (26). — Alexandre-Marie Laroque, capitaine de vaisseau (trente ans environ), et Victor-Hyacinthe Laroque, son frère, médecin (quarante-deux ans), réputés chefs des conspirateurs dans le Morbihan et dans le Finistère.

La procédure avait commencé à Lorient, où ils étaient détenus l. Mais un décret de la Convention du 15 brumaire (5 novembre 1793) les renvoya devant tribunal révolutionnaire. Il y avait un troisième frère Laroque, ex-capucin, bien plus compromis

1, Les pièces en sont réunies au dossier, W 304, dossier 360, 1" partie pièce 67 et suivantes.

par sa correspondance1 ; mais on n'avait pu l'arrêter.

Ces lettres échangées entre frères n'en furent pas moins les principales preuves alléguées contre eux1. L'officier de marine nia tout projet d'émigration et toule intelligence avçc l'ennemi. Le médecin répondit à cette question sur sa correspondance :

D. S'il n'a jamais écrit à personne dans le style d'un vrai contre-révolutionnaire?

R. Qu'il n'a jamais écrit qu'à son frère sur les affaires publiques; qu'il est vray que quelques-unes de ses lettres renfermaient des opinions contraires à celles d'un républicain, mais qu'il a cru avoir le droit de manifester ses opinions à son frère par des lettres confidentielles et confiées à la poste5.

Après cette réponse, qui parut sans doute fort naïve, le juge crut n'avoir plus qu'à lui demander :

S'il a un conseil?

Question finale qui fut suivie de la mise en accusation et, le 6 nivôse, du jugement.

— Félix-Daniel Barroîs (quarante-neuf ans), employé à l'habillement des troupes, accusé d'avoir tiré sur le peuple dans l'émeute du Champ-de Mars (17 juin 1791). Il avouait qu'il avait été au Champde-Mars, que son fusil était chargé, mais soutenait qu'il n'avait pas tiré ; un témoin affirma qu'il était sorti des rangs, voulant faire feu sur un particulier, et qu'on avait dû le désarmer. Il n'avait donc pas tiré, mais c'était assez de l'intention. (Archives, W 304, dossier 561, pièce 7.) — Amable-Augustin Clémext, horloger, accusé du

1. Voyez ses lettres, W 504, dossier 360, 1" partie, pièces 42, 40, 59, etc.

2. Elles sont au dossier. Plusieurs sont chiffrées pièces, 14-16. Ce chiffre est donné pièce 17. La seconde partie du dossier renferme encore un grand nombre de lettres.

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