DÉPOSITION DE COFFINHAL
du département : il a vu Bailly revenir du Champ de Mars : « L'accusé avait un air radieux, Pair d'un homme qui triomphe du peuple; » c'est Cofûnhal, juge du tribunal révolutionnaire, qui change volontiers de place ce jour-là pourdéposer, j'allais dire accuser, disons mieux, calomnier, diffamer, c II reproche à Bailly des abus de pouvoir, et d'avoir été constamment le complice de Lafayette et de la ci-devant cour, notamment lors des malheureuses affaires de la Chapelle, de Vincennes, de Saint-Cloud1 », etc., etc., mais ce qu'il veut surtout établir, c'est la préméditation du massacre.
Quelques jours auparavant il avait été averti par un citoyen « qu'il y aurait du grabuge et qu'il fallait surveiller Bailly. » I-e 17 au matin, il était venu à la Commune et il avait entendu une foule d'hommes, à la face sinistre, crier dans les couloirs que ceux qui étaient au Champ de Mars étaient des brigands, des scélérat*. Parvenu près de la salle des séances, il recueillit une partie du débat. Ceux qui voulaient qu'on marchât avec le drapeau rouge et la force armée disaient : Entendez-vous le vœu du peuple? (parlant de ceux qui étaient dans les couloirs) . Il vous demande justice des scélérats qui sont rassemblés au Champ de Mars, de ces brigands qui veulent allumer la guerre civile dans Paris et y exciter la contre-révolution et piller ensuite les propriétés. Et ceux des couloirs de crier : C est vrai I cest vrail Descendu sur la place il avait reconnu dans la foule c nombre d'individus qu'il .savait attachés à l'état-major de l'armée parisienne et servir Lafayette en qualité d'espions. » Il part pour le Champ de Mars, afin