‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 399 sur 451 · lbid.% pièce 43 (procès-verbal d'audience · texte numérisé non relu

lbid.% pièce 43 (procès-verbal d'audience

ils échouaient et de vouloir introduire en France l'ennemi qu'ils combattaient si vaillamment1. Il avait pour principal dénonciateur un nommé Laffont, commissaire du pouvoir militaire dans la même armée, qui prit soin de désigner à l'accusateur public des témoins dont il était sûr.

« Ces citoyens, lui écrivait-il, victimes de toutes les persécutions possibles de la part des différents généraux contre-révolutionnaires, ont notamment eu à gémir de la conduite de Létanduère; je déclare sur ma responsabilité qu'ils doivent être appelés, si tu tiens au succès de la vérité. Nice, 1er frimaire. »

Ces témoins ne furent pas appelés, — mais Laffont vint3. Fouquier-Tinville crut que c'était assez et il ne se trompa point ! Le brave général fut condamné à mort.

Ventôse.

1 (19 février). — François Gossenay, voy. p. 430.

fc2 (20). — René-François Fourcault de Pavant, notaire à Paris qui, ayant, dans sa clientèle les Marbeuf, les Cli oi seul, les Rohan-Chabot, les Caylus, ne pouvait manquer d'être coupable du crime capital de relations avec les émigrés. Vainement soutint-il qu'il avait cessé toute correspondance avec de tels clients en février 1792, quand leur émigration lui fut connue ; on avait contre lui un autre grief.

Dans une lettre à l'un d'eux, en date du 4 août 1 792 , au mépris de la loi qui avait aboli les dénominations féodales et aristocratiques, il l'appelait Monsieur le marquis, ce qui était, dit l'acte d'accusation, « le

1. Voyei son interrogatoire (Archives, W 325, dossier 525, pièce 146) où il réfute tous les grieCs qu'où lui fait sur ses opérations.

2. Voyez le Procès-verbal d'audience, ibid., pièce 3. Le dossier comprend une masse de pièces qui ne prouvent rien.

signal de ralliement et le mot de reconnaissance pour la faction contre-révolutionnaire1. »

Il paya pour eux tous devant le tribunal. — Pierre-Etienne Choiseau, fournisseur de chevaux d'artillerie; André-Joseph Prisseite, chef de division des équipages et Félix-J.-B. Luurrz, ancien commissaire des guerres, âgé de 76 ans. On les accusait de détournement dans les rations que la République fournissait aux chevaux du dépôt. Choiseau, le principal accusé, affirmait que les économies qu'il faisait sur ces fournitures étaient gardées en magasin et qu'il en faisait profiter Tannée*. Luuytz soutenait qu'il avait prêté son concours à Choiseau sans rétribution ni part aux bénéfices. Il disait dans son interrogatoire :

« Je reconnais les cachets et les deux paquets comme contenant les comptes et papiers qui sont relatifs à la gestion dont je me suis chargé, sans rétribution, pour la partie des chevaux d'artillerie que le citoyen Choiseau h entretenus à La Fère depuis quatre ou cinq ans, dans laquelle je déclare et proleste que je ne suis ni entrepreneur, ni intéressé ni associé d'aucune manière quelconque3. »

Cependant, on lui opposait une lettre où il disait à Choiseau :

« Je me félicite, monsieur, d'avoir vendu vos avoines d'économie successivement et au prix courant... Comme elles manquent ici pour les approvisionnements, on auroit pu nous les demander ou les prendre*. »

Prissette protestait qu'il avait toujours fidèlement servi la République5.

t. Archives, W 325, dossier 535.

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