Des EMarts, Procèê fameux, t. I, p
64 CBAP. XV. - BAILLY.
Plusieurs des traits de ce récit sont peut-être amplifiés : on pourrait croire, par exemple, qu'il fut trois heures, non sur le lieu de son supplice, mais depuis la Conciergerie jusqu'au moment de son supplice. C'est à tort pourtant que l'on n'y voudrait voir que l'écho des Hémoires de Riouffe qui était en prison. Beau lieu, dans son Diurnal, dit « qu'il fut poursuivi par une troupe de bandits payés pour l'injurier » — (ce serait une excuse pour la multitude) — et il ajoute :
« Par un raffinement de cruauté, on avait fait conduire la guilloltine devant lui au Champ de Mars ; avec lui on la reconduisit sur le bord de la Seine, où il fut exécuté, de sorte que pendant plus de deux heures il eut sous les yeux l'instrument de son supplice avant d'en être frappé \ »
Et l'auteur du Bulletin du tribunal révolutionnaire, qui ne paraît avoir prêté l'oreille qu'aux grands applaudissements des spectateurs et aux cris mille fois répétés de Vive la République! » signale encore les traits principaux du supplice : le trajet d'une heure un quart jusqu'au Champ de Mars ou de la Fédération ; le peuple ne voulant pas que cette terre sacrée fût souillée par la présence de ce grand criminel ; et en conséquence « chacun ^empressant à démonter la guillotine pour la transporter dans un des fossés qui se trouvent sur le bord de la Seine en dehors du Champ de Mars, sur la chaussée duquel était arrêté Bailly, qui vit remonter l'instrument far ta/*.»