‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 434 sur 451 · H. INTERROGATOIRE DE MADAME ROLAND · texte numérisé non relu

H. INTERROGATOIRE DE MADAME ROLAND

elle faite sur ce qui peut avoir rapport à la force départementale, les conversations qui, à cet égard, ont pu avoir lieu, est précise, et qu'il est étonnant que sa réponse soit purement générique et évasive de celle qu'elle devait faire à justice ; l'avons, en conséquence, sommée de déclarer affirmativement ou négativement s'il est à sa connaissance que l'existence de la force départementale ait été agitée dans les conversations dont elle nous a déclaré précédemment avoir élé témoin :

A répondu que sa réponse n'est point évasive, mais qu'elle ne peut être que générique sur une question de cette nature, parce qu'elle n'a jamais entendu traiter chez elle régulièrement comme affaire de système aucun objet de ce genre.

Interrogée si, parmi les dénommés à un de nos précédents interrogats, il n'en est pas avec lesquels elle a eu des relations plus intimes et plus particulières qu'avec d'autres :

A répondu que Roland et elle étaient liés depuis l'Assemblée constituante avec Brissot, Pélion et Buzot.

Demandé itérativement à la répondante si particulièrement et distinctement de Roland , son mari, elle n'a pas eu des relations particulières avec aucun des ci-devant dénommés :

A répondu qu'elle les a connus avec Roland et par Roland, et, les connaissant, elle a eu pour eux le degré d'estime et d'attachement que chacun d'eux lui a paru mériter.

A elle observé que, par les réponses continuellement évasives qu'elle fait, elle annonce l'intention bien formée de déguiser la vérité qu'elle doit à la justice et qu'elle ne la refuserait pas si elle pensait intérieurement qu'elle n'a jamais eu de liaisons contraires aux intérêts de la République ; l'avons, en conséquence, sommée de déclarer si elle a eu ou si elle n'a pas eu des relations particulières et personnelles avec Rarbaroux et Lause-Duperret :

A répondu d'abord qu'elle n'a jamais eu de liaisons contraires aux intérêts de la République, qu'elle n'a point intention de déguiser la vérité, qu'elle la doit sur les faits.

A elle observé qu'elle n'a point répondu à la question qui lui a été faite ; en conséquence, l'avons itérativement sommée

de déclarer à justice si, depuis que Barbaroux et autres traîtres à la pairie sont allés soulever contre la République les départements de l'Eure, du Calvados et autres, elle n'a pas, soit directement, soit indirectement, entretenu avec ces traîtres des relations ou correspondances :

Partis avec la qualité de mes amis ne les reconnaissant pas pour des traîtres, j'ai désiré avoir de leurs nouvelles et je n'en ai pas reçu.

À elle demandé si elle n'a pas reçu de leurs nouvelles et et si elle ne leur a pas donné des siennes par l'entremise de Lause-Duperret, et si, par ces motifs, elle ne leur a pas écrit plusieurs lettres et si elle n'en a pas reçu de lui :

Sans connaître particulièrement Duperrct, mais ayant cm distinguer chez lui du courage, elle a imaginé de s'adressera lui dans les premiers temps de sa détention pour le prier de faire lire à la Convention nationale des réclamations qu'elle lui avait adressées et qu'elle n'avait pu parvenir à y faire entendre ; elle croit lui avoir demandé elle-même des nouvelles de leurs amis communs.

Lui avons à l'instant représenté cinq pièces.

— On lui présente des lettres trouvées dans les papiers de Lauze-Dupcrrct et paraphées par lui.

Elle les reconnaît comme écrites de sa main.

L'interrogatoire fut repris le 13 du même mois. On part des lettres qu'elle a reconnues pour en induire qu'elle était on relations avec Duperret et qu'elle a vainement voulu le dissimuler:

A répondu avoir exprime la vérité et ne pouvoir que la répéter; qu'elle n'a pas vu Duperrct plus de dix fois et qu'elle ne l'a jamais vu en particulier, mais en société ; que l'on peut juger même par la première de ses lettres à Duperret, qu'elle n'avait pas avec lui de relations particulières ; qu'il lui avait inspiré cette sorte de confiance que donne l'opinion d'une conformité de principes, l'idée de ses relations avec

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