‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de ParisChapitre 437 sur 451 · IV. — INTERROGATOIRE DE LAVERDY · texte numérisé non relu

IV. — INTERROGATOIRE DE LAVERDY

blcs de faire pour la liberté me tient lieu et me console de tout; dites-leur que mon estime, mon attachement et mes vœux les suivront partout. L'affiche de B... m'a fait grand plaisir. Adieu, brave citoyen, votre droiture et votre intrépidité vous assure des sentiments que je vous porte et vous conserve.

Contresigné de Mme Rolland, du juge David et du substitut Fleuriot. (Archives, W 294, dossier 227, pièce 4.)

(Page 09.) laterrogaloire *e I4wertfy.

...A répondu se nommer Charles-François I.averdy, âgé de soixante-dix ans, natif de Paris, paroisse Saint-André-des-Arts, citoyen de Paris, y demeurant, rueGuéncgaud, n°24, avant son arrestation.

D. Quel emploi occupiez-vous dans l'ancien régime?

R. J'ai été pendant cinq ans contrôleur général des finances, depuis 1763 jusqu'en 1768.

D. Vous avez une maison de campagne située dans la municipalité de Gambais.

R. Oui, et elle s'appelle Neuville.

D. N'y a-t-il pas un bassin dans l'intérieur de cette maison ?

R. La maison est au bout d'un grand clos de plus de deux cents arpents, ayant quatre entrées charretières, six petites portes particulières et des murs autour, par-dessus lesquels on passe souvent. La ferme a une porte charretière dans le clos, el une petite porte; il (le clos) est ouvert pendant le jour; mais, ayant vendu un trait de futaye, en octobre 1792, au citoyen Bellejambe, habitant du lieu, le clos est resté ouvert atout le monde, abatteurs,écarisseurs, planchéieurs, scieurs, acheteurs, vendeurs, charretiers et voituriers. Beaucoup de ces ouvriers y passent la nuit, et notamment les sabotiers. Après la maison est un parterre où il y a un bassin d'agrément qui n'est

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séparé de la plaine et du grand chemin que par une seule allée et un fossé plein d'eau l'hiver et sec Tété; le parterre et le bassin ne sont séparés du clos que par deux portes de fer à carreaux et l'intervalle de soixante-dix à quatre-vingts toises qui les sépare n'est fermé que par une charmille d'agrément où l'on peut passer tant qu'on veut.

D. N'y a-t-il pas eu depuis 1792 des grains soit en magasin ou en dépôt dans votre maison ?

R. Il n'y en a jamais eu, ainsi que cela résulte de deux visites faites, la première, en septembre 1 790 par le capitaine Verrière avec de la garde de Paris, d'IIoudan et de Gambais, et la seconde, le 25 juin 1792, par la garde nationale d'IIoudan et les habitants de Gambais et lieux circonvoisins, dans lesquelles visites on n'a pas trouvé un grain de bled chez moi.

D. D'où provient donc la grande quantité de boue trouvée dans le grand bassin, laquelle manifestait du bled et où Ton remarque encore des grains sains et entiers?

R# J'ai quitté Neuville le 26 juin 1791 et je n'y ai pas retourné depuis jusqu'à ce jour; le bassin dont il s'agit est pavé et est à la vue de tout le monde, abordable à tous et je serois un fou d'y avoir fait jeter du grain pour le perdre, d'autant plus qu'il ne pouvoit pas y tenir une quantité capable d'opérer une sensation; je n'ai donné ordre à personne d'y en jeter, je ne recueille aucuns bleds ; toutes mes fermes sont en argent et mes redevances étoient en avoine, de sorte que je ne conçois [pas] comment il auroitpu se trouver du bled dans ce bassin, ni qui a pu y en mettre. Le fait d'ailleurs paraissoit récent, puis qu'on dit qu'il y avoit des grains sains et entiers, et je n'ai d'ailleurs acheté du blé de personne.

D. Quelle étoit votre fortune à l'époque où vous fûtes contrôleur général?

R. Je crois que j'avois à peu près quatre cent mille francs de bien de mon chef, et environ deux cent mille francs de ma femme.

D. Quelle étoit- elle à l'instant où vous cessâtes d'être contrôleur général, et quelle est-elle en ce moment?

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