IV. — INTERROGATOIRE DE LAYERDY
R. J'ai recueilli du chef de ma femme la succession de ses père et mère et de sa grand'mère, et de mon chef celle du citoyen Huault de Vauberay. J'ai acheté la terre de Neuville quatre cent mille francs, elle vaut bien le double sans que j'y aie rien ajouté. J'ai vendu les rentes et effets que je possédais pour acheter dans la Vendée le Pin du Fou, dont je n'ai aucunes nouvelles depuis le mois de mars dernier que les rebelles s'en sont emparés, en sorte que ma fortune actuelle consiste dans la terre de Neuville, celle du Pin du Fou, telle qu'elle se poursuit et comporte, cinq maisons à Paris, dont deux du chef de ma femme et trois de la succession Vauberay, sur quoi je dois environ quatre cent mille francs et dix mille livres de rente viagères, de sorte que le total de ma fortune et celle de ma femme peut monter à quatorze cent mille francs environ.
D. Avez-vous un défenseur? etc.
Cette formule de clôture suivait immédiatement le renseignement qu'en voulait avoir sur ses biens. C'en était assez, en effet. Toutefois, à la lecture du procès-verbal, cette fin trop brusque et trop significative frappa le juge et il ajouta cette autre question, que l'on trouve écrite en interligne :
« Avez-vous accepté la constitution républicaine? »
A quoi Laverdy répond :
« Il n'y a point eu de convocation d'assemblée où j'étois alors. Arrivé à Paris, je me proposois d'aller prêter de nouveau serment à ma section lorsque j'ai été arrêté. »
(Archives, W 297, dossier 267, pièce 18.)
(Page 201.)
lie ministre [Lebrun décrété 4*arre«tation.
4 juin (1793). Le comité arrête d'écrire au citoyen Lebrun, ministre des affaires étrangères la lettre suivante :
Nous avons reçu, citoyen ministre, une lettre par laquelle vous nous demandez si le décret d'arrestation prononcé contre vous, vous laisse la signature au moins des affaires courantes et dont l'expédition presse. Nous ne faisons aucun doute que la Convention ne vous ayant pas suspendu de vos fonctions, n'ayant pas donné par intérim la signature de votre département, vous ne pouvez vous dispenser de continuer à expédier et à suivre les opérations concertées avec le comité, même à donner les décisions dans les cas urgents, sauf à en référer préalablement au conseil exécutif provisoire et au comité.
(Archives, AF h. 46, Comité de salut public, registre n, p. 176).
(Page 5 '7.) Lettre du jeune rustine à een père.
Paris, le 5 juillet.
Puisqu'on ne veut pas absolument vous expédier de courrier, je veux, mon cher papa, vous dire aujourd'hui par la poste tout le plaisir que m'a fait votre lettre du 30, et les deux intéressantes dépêches qui y étoient jointes. Le mémoire de votre reconnoissance de la Flandre maritime est un monument militaire. Je sais que le comité de salut public lui a rendu la justice qu'il mérile et que les ordres ont été expédiés sur-le-cbainp pour compléter les approvisionnements que vous y désignez comme nécessaires à Saint-Venant et ailleurs. Je voudrais bien qu'il eût mis la même activité et la même