MANUEL LES HORS LA LOI LES GÉNÉRAUX
Manuel.
Trois jours après l'exécution de Bailly, commençait le procès d'un homme qui, jeté à son tour dans les prisons, y pouvait trouver d'horribles souvenirs : Manuel.
Manuel, un des parvenus les plus tristement fameux de la Révolution, procureur de la Commune de Paris au 20 juin, au 10 août, aux 2 et 3 septembre, spectateur inerte ou complice plus ou moins avoué des massacres, dans ces sanglantes journées, sous la main de Danton, s'était "d'abord signalé par sa haine pour la famille royale. C'est lui qui, le 12 août, avait réclamé sa translation du Luxembourg au Temple, et qui, chargé de veiller sur elle, avait prétendu la soumettre au régime des prisonniers vulgaires, avec un surcroît de rigueur dont les prisonniers vulgaires n'auraient pas fait sentir le besoin. C'est lui qui, dépuléà la Convention, avait, un des premiers, provoqué l'abolition de la royauté, comme le principe de l'ère nouvelle marquée par la réunion de cette assemblée souveraine. C'est lui qui avait poursuivi avec le plus d'ardeur la mise en jugement du roi. Mais le procès une fois décrété, il n'avait pas tardé à changer d'attitude.